183ème devoir du Goût
Les lundis du Goût
Hopper ne rime manifestement pas avec « hoper »…
Je suppose que vous en étiez déjà aperçus.
Indécis ce matin, je vous propose de choisir entre ces deux œuvres, celle qui illustre le mieux l’idée que vous vous faites de la solitude.
Dites la solitude.
Comme tout le monde vous en avez connu les heurs, heureux ou malheureux j’en suis sûr.
À lundi…
Ces deux tableaux ne m’inspirent pas beaucoup. Sans doute évoquent-ils la solitude, mais pas celle que je connais et ressens depuis de nombreuses années. Je ne dirai pas comme le beau Serge Moustaki avec sa voix suave, que je m’en suis fait presqu’une amie... faut quand même pas pousser... mais je vis avec. Je reste positive et ainsi que chantait Barbara ma préférée, je veux encore rouler des hanches je veux me saouler de printemps.
Vous vous dites alors que j’ai une philosophie de vie déconcertante de facilité… Détrompez-vous, je suis loin d’être toujours sereine. Entourée de mes enfants, mes amis, mes voisins, je n'abuse cependant jamais de la gentillesse de tous ces gens que j’aime et qui m’aiment. Je vis seule. Lorsque vient le soir et que je ferme mes volets , le silence devient pesant, ma solitude est profonde. Et plus j’avance en âge moins je supporte cette solitude.
Ce soir, plus que n’importe quel soir ordinaire, je ressens une immense tristesse… et personne avec qui échanger, je n’ose déranger, transmettre ma douleur… Mon cher André, mon voisin que j’aime, que je connais et côtoie depuis quarante-huit ans, vient de mourir. Je lui ai rendu une ultime visite hier à l’hôpital, son épouse a dormi près de lui la nuit dernière. Il est mort en début d’après-midi. Oui je l’aimais beaucoup mon Dédé, il m’appelait sa « voisine aux yeux de velours ». Le velours est bien mouillé ce soir, il sera long à sécher.

