143ème devoir du Goût
Les lundis du Goût
Ça faisait longtemps que je ne vous avais pas proposé de raconter une histoire.
Cette toile de John Salminen, peintre que j’aime car il me paraît parcourir Paris avec le même regard que Modiano me dit qu’il est temps qu’un véritable hiver arrive.
Et vous ?
Comment verriez vous cet hiver qui pousse la dame à pousser la neige dans le caniveau ?
À lundi j’espère…
Comment verrais-je l’hiver qui ne manquera pas d'abattre bientôt sa froidure sur la campagne endormie ?
Mais avec de la neige bien sûr ! Pas de la neige gadoue, toute sale, comme c'est souvent le cas en ville. Non, une belle neige bien blanche, qui vous fait cligner des yeux, vierge de toute trace humaine. Je ne ferais pas comme cette fofolle de Corine qui arrive de son sud, n’a pratiquement jamais vu un flocon et s’attèle au déblaiement du trottoir en petites chaussures à talons !
J’aurais chaussé mes godillots de randonnée et c’est tout juste si j’oserais m’avancer sur le sol immaculé. Alors je m’assiérais sur un rocher ou un tronc d’arbre et resterais de longues minutes à contempler l’étendue blanche que le soleil fait scintiller de milliers de cristaux rares. Puis je me mettrais en marche, lentement, heureuse d’entendre la neige crisser sous mes pas. La beauté à l’état pur. Le silence exquis. Le paradis est bel et bien sur terre.



