Praline qui pleure, Praline qui rit
Passent les heures et les jours... et le temps... du bonheur et du chagrin... tout va et vient, tels le flux et le reflux de la vague au bord de l'océan. Mon père est mort le vingt huit novembre. Enterré le premier décembre. Sur sa couche mortuaire je ne l'ai pas reconnu tant il était maigre. Une semaine difficile et douloureuse. Du côté affectif, un entourage quasi absent. Mes enfants, très chagrinés, n'ont pu venir, l'un de Manchester, l'autre retenue à la maison avec ses trois enfants malades, son mari étant en mission loin de là. Alors j'ai dû affronter seule, j'ai entouré ma petite Maman, je l'ai aidée à vivre ce départ du mieux que j'ai pu. Elle a tenu à venir à la sépulture, j'ai poussé avec difficulté son fauteuil roulant dans les allées sablonneuses du cimetière. Elle avait les yeux rouges et hagards, elle est restée silencieuse. Je n'ai pu que poser mes mains sur ses joues froides... ne pas se donner en spectacle en public.
J'ai eu le coeur gros et les larmes aux yeux pendant des jours et des nuits,...et pas une épaule pour appuyer mon visage fatigué. C'est dans ces moments-là que la solitude prend toute son effroyable grandeur. A mon retour, des amis présents, attentionnés, chaleureux, quelques courriers et mails.
Depuis longtemps je sais les chagrins, passés, présents, à venir... Mais je sais aussi l'amitié, l'amour, la tendresse des personnes qui me sont chères. Celles qui habitent un peu loin, celles qui sont à deux pas de ma maison. Les uns comme les autres au plus près du coeur. Tous ces mots échangés et écrits sont autant de bouées de sauvetage qui aident à tenir la tête hors de l'eau, qui rendent l'amitié tellement importante et la renforcent, permettent de rester digne, d'envisager que peines et chagrins seront plus légers à porter et supporter. Et la Vie, forte, fait le reste, vient à bout de nos misères. Malgré tout. Ainsi va la vie.
Alors ne pas terminer cette note sans offrir le sourire (et même le rire avec les copines !) que j'ai eu en voyant ce panneau lors d'une randonnée près d'un village cher à mon coeur. Et dire que j'aurais aimé habiter là-haut.
