Les lundis du Goût

LEGOUT

Que fait-elle là, qui semble isolée du groupe ?
Elle semble penser à autre chose.
Mais à quoi ?
Peut-être le savez-vous.
Si vous le savez, dites-le, comme toujours dans la zone commentaire de mon devoir.
Celui que j’aurai fait lundi.

 

Les chipies, elles me font la gueule. Tout ça parce que je suis amoureuse de Patrick (non pas Patriiiiiick, il était à peine né à l’époque).

Patrick c’est le frère d’une de mes copines de classe. Nous sommes en 5ème, il est en 3ème. Il n’est pas beau, des lunettes, un peu boutonneux (ça tombe bien, moi aussi), d’épais cheveux bruns et frisés, je lui trouve un charme fou.

Alors, je pense à quoi, à votre avis ? A lui bien sûr et je suis bien triste car je n’oserai jamais l’aborder. Mais qu’est-ce que je peux « gaver » sa sœur, à lui demander quel sport il pratique, quel plat il aime le mieux, s’il a une petite amie… bref, je vois bien que Sylvie lève les yeux au ciel et soupire bruyamment, oui je l’énerve.

Tous les matins, je guette l’arrivée de Patrick au collège. Et puis un jour je ne le vois plus. Je questionne Sylvie qui m’apprend qu’il a fait une mauvaise chute, s’est fracturé le bras droit et souffre de multiples contusions. Elle me dit que je peux lui écrire un petit mot, les autres copines de la classe également,  cela lui fera plaisir et il ne manquera pas de nous répondre. Comme je suis contente !

Prenant ma plus belle plume, je mets tout mon cœur amoureux dans la rédaction d’une gentille lettre de soutien, d’encouragement, d’amitié. Même pas une déclaration d’amour ! Lettre que je remets cachetée à Sylvie.

Quelques jours plus tard je reçois une réponse, mon cœur bat la chamade. Je suis aux anges et très émue de découvrir de gentils mots maladroitement écrits de la main gauche.

Cette petite correspondance douce et naïve dura trois semaines jusqu’à ce qu’une des « copines jalouses » vende la mèche… en fait Patrick ne m’a jamais écrit car il n’a jamais reçu mes lettres. J’entends encore les rires et fous-rires de ces écrivaines de la main gauche. Aujourd’hui j’en souris mais j’ai eu la honte de ma vie !