Il y a longtemps que je savais ce que je refusais d’admettre jusqu’à ce jour…

Sur le trajet du retour, durant l’heure de route qui nous sépare,  j’ai réfléchi et mis de côté mon ressenti, mon désir, mon égoïsme.

Aujourd’hui, on a parlé ouvertement. Il fallait bien que les mots sortent, enfin.

Je le savais, je sais maintenant avec certitude ce que je refusais avec force… un jour tu vas partir. Loin d’ici. Oh non, pas à l’autre bout de la planète, mais à plusieurs centaines de kilomètres. Tu vas rejoindre ton amoureux.

Oui je sais ce n’est pas la première fois que tu pars loin de moi. Tu as vécu à Fontainebleau, à Bordeaux, et enfin trois ans en Guyane. A chaque fois j’ai voyagé pour te rendre visite. Mais j’étais bien plus jeune, entreprenante, je n’avais peur de rien. Qu’en sera-t-il dans quelques mois, années ?

J’ai eu des mots de révolte lorsque nous avons échangé. Comment ai-je pu te parler ainsi, mettre en avant ma vie à moi alors que c’est la tienne que tu t’apprêtes à reconstruire, à continuer plutôt. On ne refait pas sa vie, on la poursuit.

Sur la route du retour, j’ai réfléchi à tout cela et j’ai pu t’en parler au téléphone en rentrant. Et te dire « vas-y, fonce, va vers ton bonheur ». Cela m’a soulagée, je pense qu’il en est de même pour toi.

Bien sûr, j’ai un peu le cœur lourd, le sentiment d’abandon m’a souvent poursuivie, tant d’êtres aimés m’ont laissée sur le bord du chemin. Mais le principal est et restera ton bonheur. Je t’aime ma fille.

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