Les lundis de Lakevio

lakevio

/.../ Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup ; elle me soignait, me caressait. Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie ; elle m'apportait du pain, de l'herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petits chagrins, quelquefois elle pleurait. /.../

Voici un court texte de quelques lignes. (Vous aurez reconnu Les Mémoires d'un Ane de notre chère Comtesse de Ségur). Le jeu sera d'en doubler le volume à l'aide d'adjectifs, d'adverbes et de propositions relatives ou subjonctives (qui, que, quoi, dont, où, lequel, duquel, avec laquelle, parce que, pour que, depuis que, pendant que, etc...) Rappelez-vous vos cours de grammaire ! Ben, quoi ? C'est la classe, ici !)

Exemple :

1) Un lapin bondissait sur le chemin quand le renard l'aperçut...

2) Un joli lapin roux bondissait sur le chemin, libre et allègre parce qu'il venait de se sauver du clapier de la ferme, quand, par un hasard malencontreux, le renard, qui cherchait depuis longtemps de quoi se mettre sous la dent, de ses yeux perçants l'aperçut...

Lecture des textes gonflés à bloc, lundi.

Oui, je sais, la maîtresse est gonflée !

 

/.../ Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup, bien que moi, au début j’étais très méfiant parce qu’elle appartenait aux humains dont j’avais subi une maltraitance injustifiée ; elle s’en était alors aperçu et me soignait délicatement, me caressait avec cette infinie douceur qui, peu à peu, me fit reprendre confiance en l’humain. Quand il faisait mauvais, qu’une petite pluie fine et persistante envahissait le paysage et que nous ne pouvions pas sortir, fidèle et ponctuelle, elle venait me voir dans mon écurie ; comme j’étais encore endormi, elle entrait sans faire de bruit, elle m'apportait du pain, de ce bon pain dont j’étais friand et qui me faisait ouvrir les yeux et frémir les naseaux, de l'herbe fraîche encore toute perlée de la rosée du matin, des feuilles de salade dont regorgeait l’immense potager, des carottes tendres mais croquantes ; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps, patiente et attentive pendant que je dégustais le festin qu’elle m’avait apporté ; elle me parlait, parfois doucement puis soudain plus fort, croyant que je ne la comprenais pas ; parce qu’elle n’avait que moi pour confident, elle me contait ses petits et surtout gros chagrins, elle se sentait tellement malheureuse dans ce milieu inconnu et rude où l’assistance publique l’avait placée ; quelquefois elle pleurait, je sentais bien qu’elle avait besoin de moi, de ma douce présence, et je la comprenais fort bien,  alors je posais mes naseaux tout chauds contre sa joue humide. /.../