Bonjour ma chère amie, tu vas être surprise de recevoir mon courrier ! Eh oui, c’est vrai que je ne t’écris jamais, bien que tu sois sans cesse dans mes pensées, mon corps, mes gestes et mes regards. Du fond de mes gouffres  tu m’as entendue crier un mot commençant par MER et finissant par DE mais chaque fois que tu m’as aidée à retrouver le calme après la tempête, la sérénité après l’épreuve, je t’ai remerciée du fond du cœur, en silence. D’où mon envie subite de t’écrire ce mot simple, d’une infinie reconnaissance : MERCI. C’est quand même mieux hein !

J’ai souvent tendance à penser que l’on ne sait plus suffisamment dire merci, alors que l’on sait très bien ouvrir la bouche quand notre monde tourne de travers et que notre petit nombril est malmené. Je réalise alors pleinement que j’occulte mon amour envers toi, pourtant là, tapi au fond de mon cœur. Avant qu’il ne soit trop tard, que tu ne prennes l’idée de t’échapper loin de moi, je souhaite te remercier pour tout ce que tu m’apportes.

Par un beau matin de printemps, lointain déjà, tu m’as fait signe de venir à toi. Mes premiers pas ont été bien hésitants, je ne connaissais rien de toi et j’ai maladroitement avancé à ta rencontre. J’étais naïve et faible alors que tu n’étais déjà que puissance et force. Puis j’ai passé des mois et des années à me demander pourquoi tu n’étais vraiment pas gentille avec moi. Alors que Maman disait toujours que j’étais une enfant docile. Un peu têtue certes mais douce et sensible. Je ne comprenais pas pourquoi tu me faisais tant de misères alors que parfois et trop rarement tu pouvais te montrer si douce. Tu me faisais penser à cette maman chatte qui joue tendrement avec son chaton puis, tout à coup, sort les griffes et le mord, comme pour l’éduquer, le façonner et lui faire comprendre qu’il ne faut pas uniquement prendre goût aux bonnes choses ; que tout n’est pas tendresse dans la vie et qu’il faut tomber pour apprendre à se relever. J’ai alors réalisé que tu m’aimais, dès mon plus jeune âge. Par la suite je t’ai rendu cet amour qui ne fit que croître au fil des ans.

Plus le temps passe et plus je t’apprécie et plus j’ai envie de te rendre hommage pour la force que tu m’insuffles quotidiennement. Merci mon amie Lavie.

Jean Ferrat - C'est beau la vie