Aujourd’hui nous aurions fêté nos quarante-trois ans de mariage. La vie en a décidé autrement. Il faisait un temps superbe, je ne ressentais pas le froid hivernal,  je ne sentais que mon cœur battant la chamade. Heureux, mon bel italien ténébreux souriait en me couvant de ses beaux yeux noirs, plaisantait de droite et de gauche avec nos invités, s’inquiétait et se préoccupait du bien-être de chacun. Je me sentais belle et insouciante dans ma longue robe blanche parsemée de petits boutons de roses en soie cousus méticuleusement par belle maman. Ma taille fine et ma chevelure brune tombant en cascade sur mes épaules me faisaient reine d’un jour, reine d’amour, pour toujours. Je ne me posais pas de questions sur le chemin qui s’ouvrait devant moi, je vivais l’instant présent, comme somnolente et bercée par ce bonheur nouveau et inespéré. Je ne savais pas que par un beau jour de printemps la vie pourrait se montrer si cruelle.

Ravageuse la vie parfois, mais tellement forte… J’ai la chance que dame Nature m’ait dotée d’un tempérament gai et optimiste, tout ce qu’il faut pour traverser les épreuves. Je crois que c’est Gérard Jugnot qui a eu ces mots magnifiques « Le rire, comme les essuie-glaces, permet d’avancer, même s’ils n’arrêtent pas la pluie ».

Ce matin j’ai assisté à une cérémonie d’enterrement, au centre funéraire, en présence d’un prêtre. C’était très émouvant. Tristesse et émotion intense. Le prêtre a eu des paroles très respectueuses envers chaque humain de l’assemblée, croyant ou non. J’ai trouvé très belle une telle ouverture d’esprit que je n’ai pas toujours trouvée dans les années passées. Le chagrin de la famille m’a beaucoup éprouvée, les hommages étaient d’une grande sincérité et j’ai revécu mon propre drame.

Heureusement cet après-midi j’étais en compagnie d’amis, on a beaucoup plaisanté, ri, discuté, dégusté la tarte aux pommes que j’avais confectionnée ce matin de bonne heure. Faut-il souffrir ou avoir souffert pour savourer béatement le bonheur qui passe ?!

Live Louane - Si t'étais là