Les lundis de Lakevio - Peinture de Aaron Westerberg

lakevio

Cigarette aux lèvres et les yeux clos, rêve-t-il ? A quoi ? A qui ? A-t-il mal à l’estomac pour glisser ainsi sa main dans le boutonnage de son manteau ? Attend-il sa bien-aimée ? Un ami ? Un ennemi ? Un dealer ? La police ? Dans son extrême immobilité, ce jeune homme m'intrigue. Je n’ose l’aborder, je crains de déranger, d’être intrusive. Un je ne sais quoi me dit pourtant qu’il est en danger ou en souffrance. Je sens en lui une grande solitude et me dis que dans la mienne je suis reconnaissante lorsqu’une main se tend, lorsqu’une voix douce me parle et me console, lorsqu’une oreille se fait attentive. Je m’approche, pose ma main sur son bras. Il ouvre les yeux, me sourit, murmure un merci. Puis lentement tourne les talons avant de s'engouffrer dans le hall d’entrée de l’hôpital.