Pralinensavoie... et parfois ailleurs

16 octobre 2017

Le feu rouge

Les lundis de Lakevio

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Robert Kenton-Nelson

Vous me connaissez, je régule la circulation. J’appartiens à un trio coordonné et ce n’est pas de tout repos ! Mes potes sont, l’un orange, l’autre vert. Et moi je suis rouge et fais souvent voir rouge. Remarquez, orange, rouge ou vert, les automobilistes n’ont jamais l’air content. Du plus loin qu'ils le voient ils roulent à toute allure ou démarrent en trombe quand mon pote vert apparaît. Faut les voir foncer, vers qui, vers quoi ? Quand surgit mon pote orange, s’ils n’accélèrent pas comme des sauvages pour m’éviter, ils pilent devant lui dans un infernal crissement de freins, visages fermés et se mettent à tapoter nerveusement leur volant. Et quand j’entre en scène, quel charivari ! Certains sont carrément furieux, ils font ronfler le moteur, ça pétarade et ça pue l’essence. C’est à celui qui démarrera le premier, on se croirait sur un circuit de course automobile. Les piétons s’élancent devant ces bolides prêts à bondir dès que j’aurai disparu. Dernièrement, une petite grand’mère n’a pas traversé suffisamment vite, fallait entendre le concert de klaxons ! Quelques automobilistes se saluent, beaucoup d’autres s’engueulent.  De temps en temps le spectacle me réjouit, les amoureux profitent de cet arrêt pour s’embrasser et se faire un câlin. Au beau milieu de ce flot bruyant et excité, un peu de tendresse et d’amour me fait le plus grand bien, j’aimerais rester là encore et encore, à rêver et me dire que le monde n’est finalement pas totalement dépourvu d’humanité.

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03 octobre 2017

Sicile (1)

Le premier septembre, nous partons à l’assaut de la belle, aride mais grandiose Sicile. Nous, c’est-à-dire cinq amies qui s’entendent comme les doigts de la main : Monique, Yvette, Odile, Chantal et moi (Françoise n’a pu se joindre à nous). A l’assaut, n’exagères-tu pas un peu, Praline ? Oh si, carrément ! Il nous a fallu sortir péniblement de notre lit douillet à deux heures du matin, départ à trois heures, arrivée à Saint-Exupéry à quatre heures pour embarquement à six heures. Autant dire que nous avons comaté deux heures dans l’aéroport lyonnais avant de monter à bord du Boeing 747 pour Palerme. Dans l’avion on se réveille, on est heureuses. Arrivées à Palerme vers 7h30, nous sommes excitées comme des puces et plus du tout endormies. Nous sommes avec un groupe, nous attendons les valises et un monsieur se désole, sa valise n’est pas sur le tapis roulant. Réclamation. Nous pouffons de rire en imaginant qu’il devra porter les petites culottes de son épouse qui, elle, récupère bien sa valise. Mais comme un pressentiment, le couple avait pris soin de panacher les affaires dans les deux valises. Pas bête. Les effets de monsieur sont arrivés trois jours plus tard, après un petit tour en Russie ! Une heure d’autocar plus tard, nous arrivons à l’hôtel Costaverde près de Cefalu. Yvette veut-elle nous saper le moral ou nous faire rire, ou encore nous avertir en douceur, elle sort de son sac une feuille qu’elle a imprimée, sur laquelle s’étalent les pires horreurs concernant l’hôtel club. On pousse des cris, on s’indigne,  mais on rigole bien, on a confiance. Et on a raison. Installation dans nos chambres, visite de l’immense structure, nous voulons tout voir le plus rapidement possible. Les yeux brillants, nous arpentons les immenses salles et salons, les boutiques, les salles à manger. Le bar, important le bar !  Nous essayons les profonds fauteuils et canapés. Dehors, la piscine, les jardins, les aires de jeux, les fleurs, les palmiers… Mince alors, c’est que la plage n’est pas à nos pieds ! Nous sommes vite rassurées en apprenant que nous avons une navette gratuite tous les quarts d’heure. Un sacré folklore cette navette ! En fait il y en a deux, conduites par de charmants siciliens. Œil de velours et sourire ultra bright. A peine sommes-nous montées et assises que la musique envahit l’espace. Du folklore sicilien, très entraînant. Tout le monde chante le refrain à tue-tête, tape dans ses mains, nous sommes vite dans l’ambiance. Le charmant chauffeur est tellement habitué par ce parcours, qu’il ne cesse de nous envoyer des œillades coquines dans le rétroviseur. On s’en amuse évidemment mais je ne peux m’empêcher de me demander comment il se comporte le soir en retrouvant bobonne son épouse… mes amies ont failli me trouver trouble-fête. Bon, j’oublie ça et me prends au jeu sans état d’âme. Le coquin a même osé effleurer l’épaule de Chantal ! Nous allons passer deux semaines merveilleuses, à la piscine mais le plus souvent à la plage, la mer Tyrrhénienne est chaude à souhait, le sable fin infiniment doux sous nos pieds.

A suivre, quelques excursions.

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22 septembre 2017

Des nouvelles du front

Quelques nouvelles brèves ! Cela fait déjà une semaine que je suis rentrée de Sicile et j’ai eu une semaine folle folle FOLLE ! Est-ce la cause à effet, toujours est-il que je me paye un bon lumbago depuis ce matin. Sans geste brusque, sans précipitation, sans stress apparent, juste en me baissant une violente douleur dans le bas du dos a failli me faire chuter ! Et depuis, je vais, courbée, grimaçante, rouspétant aussi… car ce n’est vraiment pas le moment. En effet, demain matin, je pars en Auvergne, à Royat, récupérer ma marraine qui termine sa cure thermale. J’espère bien pouvoir aller flirter avec le Puy-de-Dôme. Retour dimanche soir.  Alors ce matin, douleur ou pas, j’ai nettoyé ma voiture, la transformant de poubelle à jolie voiture pimpante. Mais aïe depuis cet après-midi, je suis quasiment bloquée… bon, ça va aller pour conduire, assise je n’ai pas mal. Et puis zut, je dois partir, alors go go go !

La Sicile c’était trop bien ! Les hommes sont beaux, souriants, charmeurs et charmants, mais tellement bruyants que j’ai renoncé à en ramener un dans mes bagages, ça aurait fait tâche dans mon paisible quartier ! J’en reparlerai plus tard, en attendant voici quelques photos du superbe hôtel club quatre étoiles, Costaverde, où j’ai séjourné pendant deux semaines.

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31 août 2017

Sculptures sur paille

Avant de vous quitter, je vous laisse en compagnie des sculptures de pailles réalisées à Valloire par des artistes du monde entier. Je n’ai pas eu la présence d’esprit de noter les pays primés. Promis je ferai mieux cet hiver avec les sculptures sur neige et glace, si je retourne là-haut. En attendant je m’envole pour la Sicile, pendant deux semaines je vais me gaver de beaux paysages, de mer et de farniente, de soleil et d’air marin ; j’irai marcher sur l’Etna et (re)voir Syracuse et j’écouterai avec bonheur la musique des mots de ce bel accent italien que j’aime. Portez-vous bien, soyez heureux, je pense à vous, je tiens à vous.

P1140529Quelques jolis chalets au pied des pistes de ski.

P1140517Le Galibier. Nous n'avons pu nous rendre au sommet du col, copine Françoise a fait un malaise vagal sans suite grave... mais il valait mieux ne pas prendre plus d'altitude. On a eu peur, surtout elle !

P1140446Avant Valloire, le col du Télégraphe.

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16 août 2017

Là-haut sur la montagne

La semaine dernière, avec dix amis du club d’astronomie, nous avons passé la journée au Mont Cenis. Un grand merci à Nicole et Raymond qui ont, comme d’habitude, orchestré cette belle sortie. Là-haut, encore un peu plus haut, au col du Petit Mont Cenis,  à 2 183 mètres d’altitude, un petit 5° ;  un vent violent nous faisait greloter et un brouillard à couper au couteau filait à toute allure devant notre nez. Ouais, bon d’accord, la météo ne fut pas fameuse, du moins en début d’après-midi. Mais en y repensant, j’ai adoré cette ambiance Pays de Galles, Ecosse, mer d’Irlande, bref wind and fog. Manquait juste le monstre du Loch Ness surgissant du lac !

P1140377Le pique-nique était au frais dans les coffres des voitures… Heureusement Nicole et Raymond connaissent depuis au moins vingt ans les bergers du Petit Mont Cenis qui servent des petits repas, omelette, patates avec bon fromage de là-haut, délicieuses crêpes etc… et ont demandé si on pouvait manger une omelette au chaud… non pas possible, nous étions trop nombreux mais par contre ils nous ont offert l’hospitalité pour que l’on pique-nique au chaud devant le poêle. Ce fut très joyeux et festif, certains ont commandé une crêpe au dessert et tout le monde a pris le café.

P1140368Puis nous sommes redescendus vers le lac et là, le vent a chassé les nuages et le soleil est apparu ! Une merveille ce lac, d’un beau bleu entouré de berges où foisonnent des milliers de bouquets d’épilobes. Les belles vaches propres et grassouillettes, ivres de bonne herbe ont joué leur concert de sonnailles.

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P1140435Les marmottes, un peu frileuses mais curieuses, sont sorties de leur terrier pour nous épier, dressées sur leurs pattes arrière. Puis sont reparties, gambadant et jouant entre elles.

Marmotte Mt Cenis-170810 686alNous sommes allés jusqu’au poste frontière italien déserté par les douaniers. Rebroussant chemin, le paysage nous offre d’autres beautés, nous nous sommes arrêtés pour admirer, contempler, photographier une superbe et fougueuse cascade, jaillissante, chantante et bondissante au milieu des fleurs, aboutissant dans le lac dans un calme surprenant.

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Et pour terminer la journée, merci Pierre et Bernadette  une délicieuse soirée au coin du feu, jusqu'à point d'heure !  un casse-croûte sympa, du rire et des chansons, plein de chansons et une p’tite Chartreuse verte, ça c’est la vraie vie ! (euh.... UNE p'tite Chartreuse... suis pas sûre... je ne sais plus... bref...)

Le lendemain, quand le réveil a sonné, rendez-vous kiné oblige,  j’avais un peu… comment dire… la gueule de bois… non c’est pas ça… l’équilibre un peu précaire… non pas vraiment… bref je trouvais que 7h30 c’était un peu tôt, mais finalement dès que j’ai mis le pied à terre, je me suis dit « c’est quand qu’on va où avec les mêmes amis ? Qu’on retourne là-haut ? Qu’on chante encore ?»

J’ai raconté au kiné… enfin, brièvement, faut pas pousser non plus, ma journée. Tandis qu’il m’électrifiait l’épaule à m’en faire dresser les cheveux sur la tête, je lui vantais la montagne, lui expliquais la route du Mont Cenis, les merveilles à découvrir (il est –pas le Mt Cenis, le kiné !-  polonais et habite la région depuis peu).

Voilà, de bons souvenirs pour quand on sera vieux, qu’on ne pourra plus sortir admirer les beautés infinies de notre belle Terre ! Profitons, profitons !

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14 août 2017

Robe verte, c'est l'espérance !

Les lundis de Lakevio

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Marc Chalme

Sophie descend l’escalier, avec précaution pour ne faire aucun bruit. Elle a préparé une lettre qu’elle déposera sur le guéridon de l’entrée. Elle s’arrête soudain, les souvenirs surgissent, affluent, ne lui laissent pas un instant de répit.  Là, sur ces marches qu’elle a tant astiquées, devant cette rampe qu’elle s’est épuisée à faire briller, elle pense à la vie qu’elle s’apprête à quitter. Madame n’a aucune bienveillance, encore moins de reconnaissance. Le travail n’est jamais assez bien fait, ni assez rapidement. Monsieur est constamment enfermé dans son bureau, bah comment pourrait-il en être autrement, affublé qu’il est d’une telle mégère ! Seul le fils de madame semble humain dans cette maison. Toujours un petit mot gentil, quand madame n’est pas là bien sûr ! Sinon c'est un joli sourire encourageant, un regard chargé de tendresse… Cela dura plusieurs mois. Et par une belle et chaude soirée d’été, ils se retrouvèrent au fond du parc, sous le ciel étoilé porteur de mille promesses. Ils s’avouèrent leur amour, silencieux depuis trop longtemps et décidèrent de quitter cette maison prison. Sophie revient à la réalité, chasse les mauvais souvenirs, sourit à la vie qui l’attend et se hâte vers le hall d’entrée. Elle dépose sa lettre, enfile ses chaussures avant de s’élancer au-dehors où l’attend son amour. La voiture démarre puissamment, madame hurle à sa fenêtre, qu’importe, nos amoureux ne l’entendent pas, ils sont heureux et libres !

 

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07 août 2017

Tea time

Les lundis de Lakevio

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Oh mais c’est qu’elle est mignonne la nouvelle dame de compagnie de maman ! Notre vieille Marthe a bien fait de partir vivre chez son frère malade. Si je m’attendais à ce qu’elle soit remplacée par cette jeunette… bon, pas si jeunette que ça, elle doit bien avoir trois ou quatre ans de plus que moi. Mais qu’importe, ce n’est pas pour me déplaire. Elle saura m’apprendre à embrasser, éveiller en moi de douces et fortes sensations. J’aperçois ses jolies gambettes, mon cœur s’emballe et des picotements bizarres parcourent mon corps qui s’éveille au désir. Heureusement que maman ne me voit pas et surtout qu’elle ne lit pas dans mes pensées, elle m’enverrait illico chez tata Paulette au fin fond de la Creuse ! Mais tout va bien, entre deux gorgées de thé, elle est occupée à expliquer au chat qu’il faudra être propre et ronronnant avec la nouvelle venue qui occupera la chambre rose. La chambre rose, quelle bonne information ! Ah je commençais à m’ennuyer sérieusement dans cette bourgeoise résidence d’été perdue dans la montagne. J’ai comme l’impression que l’été sera chaud, chaud bouillant… 

*****

Je dois dire que ces deux chochottes ne m’inspiraient pas beaucoup… J’aime pourtant le thé vert à la menthe, servi par Hocine, un ami Kabyle, après avoir dégusté un somptueux couscous qu’il a passé des heures à préparer… arrosé d’un vin… comme là-bas, dis !

 

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31 juillet 2017

Les sacs

Les lundis de Lakevio

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Comme beaucoup d’entre nous, j’aime les sacs, les sacs à main bien sûr, pas les sacs de pommes de terre, ni les sacs à puces, ni les sacs à vin, ni les sacs poubelle, ni les sacs plastiques.

Des sacs à main, j’en ai beaucoup… euh… pas mal, enfin ça dépend avec qui je compare. Par rapport à ma belle-sœur j’en ai beaucoup, cette dernière n’en utilise qu’un seul car elle n’en a qu’un. Elle l’use complètement avant d’en changer. Elle dit qu’elle a placé ses affaires une fois pour toutes et qu’elle s’y retrouve ainsi parfaitement. Ben… moi aussi je m’y retrouve, j’en change souvent, adaptant le sac à la sortie envisagée. Pour aller au supermarché, un petit sac en bandoulière avec juste le nécessaire : l’indispensable carte bleue, les clés, les papiers d’identité, un paquet de mouchoirs jetables. Pas même le téléphone portable, j’ai horreur des gens qui ont le téléphone vissé à l’oreille dans les rayons du magasin… « Chéri que veux-tu manger ce soir, il y a de l’agneau en promo, tu verrais comme il est beau ! » … Comment arrivait-on à composer un menu avant l’ère du portable ? Ou bien l’incontournable « T’es où »… grave question existentielle ? Bref, revenons à nos moutons sacs. Je disais que je m’y retrouve… Oui, sauf quand j’oublie de prendre mes papiers d’identité, que je m’en rends compte trente kilomètres plus loin et que ma foi je n’ai plus qu’à prier qu’aucun contrôle routier ne me tombe dessus.

Sac d'hiver, noir ou gris. Sac d'été, blanc le plus souvent, ou tissu bariolé.

J’ai des copines qui ont des sacs à main lourds comme un sac de cailloux (oui je sais, un kilo de plumes et un kilo de plomb…). Je me demande toujours ce qu’elles trimballent et les taquine en leur suggérant de laisser leurs lingots sous le matelas. On voit bien qu’elles n’ont pas été opérées d’une rupture massive de tendons, comme cela fut mon cas voici neuf ans.

J’aime aussi le sac à dos, l’incontournable compagnon de mes randonnées. Là aussi il est important de bien doser son contenu pour ne pas avoir les épaules massacrées, les genoux et les jambes en compote et le souffle court. Là il faut prévoir à boire et à manger pour la journée mais aussi la lampe frontale –on ne sait jamais, certaines randonnées hivernales se terminent à la nuit tombée, la Lune flirtant avec les sommets est une pure magie mais n’éclaire pas le sentier, j’en ai un souvenir impérissable, merveilleux, un bonheur jamais égalé-. Ne pas oublier la petite trousse « premiers soins », le tire-tique, le kway, la polaire. Ah j’oubliais l’indispensable APN. Pas de maquillage dans mon sac, ni miroir ni lime à ongle, par contre un Opinel peut être utile.

Voilà voilà, c’était ma minute sac… Ah, une dernière précision, mes sacs ne proviennent ni de chez Vieux Thon, ni de chez Langue A Staire, pas plus que de chez Ere Messe etc etc. Mes sacs sont des trucs à vingt balles, faudrait quand même pas me prendre pour Wrote child !

 

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27 juillet 2017

Chanaz et le canal de Savières

1Le canal de Savières est le dévidoir du lac du Bourget d’où il prend sa source. Quatre kilomètres plus loin il se jette dans le Rhône. Ce petit canal est un des rares d’Europe  dont le cours peut s’inverser sur toute sa longueur.  Ce phénomène survient lorsque le Rhône est en crue et que son niveau dépasse celui du canal. L’eau du fleuve reflue en direction du lac du Bourget dont le niveau peut alors s’élever de plusieurs mètres.

 2Pour aller sur le Rhône, il nous faut passer l’écluse.

 

3Le Rhône et l’imposant Grand Colombier.

 

4Retour en arrière, re-passage de l’écluse, le bateau glisse doucement sur le canal et nous débouchons sur le lac du Bourget cher à Lamartine.

 

5Le château de Chatillon surplombe les eaux du lac du Bourget.

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21 juillet 2017

Les cousinades

Les lundis de Lakevio

 

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Aquarelle de Lin Fealing

Ma chère Elisabeth, j’ai encore un métro de retard, mais ça, tu y es habituée. Tu nous donnes un devoir le samedi matin, alors que c’est le moment où tout le monde prend la poudre d’escampette, mais oui, c’est le week-end ! Tu vas me dire que je suis toujours en week-end et tu auras bien raison, je crois que si tu nous faisais plancher le lundi, ce serait pareil. Je suis toujours par monts et par vaux. Mon emploi du temps est réglé comme du papier à musique (pas bien ça, je sais, mais j’aime…), c’est-à-dire que mes matinées sont consacrées à mon ménage, la cuisine, les courses, bref tout ce qui règle la vie d’une femme à la maison. L’après-midi, y a plus personne, je vais, je viens… je ne vire ni ne tourne ni ne me traîne comme dirait mon idole la grande Barbara. Je sors, je vois mes amies, je marche, je me promène au milieu des champs de lavande ou de tournesol. Je ris et je chante la vie, je m’amuse de tout et n’importe quoi, mais aussi parfois je pleure, ces temps-ci je m’émeus très facilement, et ma gorge se serre et mes larmes montent. Bon… bref…

Par contre, cette semaine j’ai une bonne excuse, les chicouf sont là ! deux seulement, tu me diras c’est pas beaucoup… non, mais c’est pas tout, jusqu’à hier j’avais également la très très grosse chienne et les deux chattes aux poils très très longs. Alors je ne te dis pas l’état de ma maison…Déjà il a fallu que je fasse des barrages pour que la chienne ne monte sans arrêt les escaliers, ce qu’elle adore évidemment, empêcher qu’elle n’aille au salon où elle se fait un plaisir d’envahir les canapés… bon, ça, c’est fait sauf que plusieurs fois pendant la nuit elle a essayé de franchir la frontière, faisant un barouf monstre, me réveillant en sursaut. Et le matin, dès six heures, des couinements de lamentation me faisaient savoir qu’il était l’heure de faire pipi. Quant aux deux chattes, j’ai eu de quoi me réjouir des pipis et cacas qui ont débordé de la litière pourtant toujours propre, du dégueulis dans le salon, d’un vase cassé, des feuilles de plante verte grignotées, du fauteuil griffé, d’une chaise dépaillée, des cavalcades nocturnes sur le lit, sous le lit, dans les escaliers.

Ouf, depuis hier, la patronne de la ménagerie est venue récupérer ses bestioles, il me reste les deux enfants, c’est du gâteau. J’ai passé la matinée à aspirer, serpiller, épousseter, tout va bien. Non mais, je vieillis, oui c’est ça ! Il y a quelques années de ça, nous avions chien et chats, deux enfants, une activité professionnelle et tout allait bien, mazette oui je vieillis !  

****

Bon, mais je ne suis pas là pour te parler de ma vieillesse naissante, ma chère Elisabeth ! Quoique… ton dernier sujet de devoir montrait cette jolie jeune dame et tu évoquais les cousinades. Ça me parle, et comment ! Depuis plusieurs années, nous organisons des cousinades. Du côté de la charmante famille de mon regretté mari, bien sûr. Cette année ce sera le deux août, nous serons quinze. Pour la plupart nous ne nous voyons qu’une fois par an mais nous nous téléphonons ou nous nous mailons. Je suis la plus jeune, vois donc un peu la réunion… Non, pas encore de déambulateur ni de fauteuil roulant, dieu merci. Mais quand même, ça fiche un brin le bourdon ces retrouvailles. Tiens, Marie a pris un coup de vieux, ses yeux ne pétillent plus comme avant, Paulette a grossi, pauvre Pierre, autrefois un si bel italien, chevelure très brune, abondante et frisée, il n’a plus que la peau sur les os, son regard est un peu vide, Joëlle a quelques difficultés pour marcher… etc etc... Et Praline, oh misère la voilà blanche ! L’an dernier encore brune, hé bé… Mais elle s’en fout Praline, elle assume ! Bref c’est la revue du premier regard, mais après, qu’est-ce qu’on se marre ! Oui, nous avons changé physiquement, mais intérieurement on est restés tout pareil ! Bien sûr on partage, sur nos vies, sur ceux qui nous manquent beaucoup en ce jour, sur les soucis que nous rencontrons, soit avec les enfants ou sur la santé qui parfois chancelle... Mais on se marre bien, on se rappelle des tas de trucs drôles… Et on est heureux d’être là, le cercle de famille c’est précieux, c’est là tout de suite qu’il faut en profiter, on ne sait pas de quoi demain sera fait.

 

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