Pralinensavoie... et parfois ailleurs

18 janvier 2018

Randonnée de lundi

Dans un commentaire chez ma copine Heure Bleue, j’écrivais que j’essaierai de publier un peu plus souvent… en ajoutant que ceci n’était pas une promesse ! Bien m’en a pris de le préciser, n’est-ce-pas ? Je ne vais pas concurrencer nos « grands hommes » qui promettent et qui… bref ! Mais c’est que moi, je suis très occupée ! Et pas mal dissipée je reconnais, il n’y a qu’à voir le devoir de Lakevio pour lequel je brille par mon absence ! Mais je reviendrai, ça je le promets (euh… Praline fais gaffe à ce que tu écris, les écrits restent, selon la formule !).

Ceci étant dit, sans blague je ne trouve jamais le temps de faire tout ce que j’aimerais. Déjà tous les matins je reste tranquille (si si Lovely, ça m’arrive !), ce qui signifie que je reste à la maison, je fais comme toutes les ménagères, je m’occupe de ma maison, de mon linge, de mes paperasses, je cuisine, parfois je m’assois et passe des heures au téléphone (ben oui, pour me joindre c’est surtout le matin, le soir aussi) ou alors je vais un peu traîner sur Facebook, eh oui, il me faut quelques pauses quand je peine et sue. Si je sors le matin c’est pour le ravitaillement. Et l’après-midi, à moi la belle vie ! Bon, je dois dire qu’en une semaine, deux enterrements, tu parles d’une belle vie… De plus, une de mes amies (la seule encore en couple) a son mari hospitalisé, alors nous l’entourons et l’accompagnons du mieux que nous pouvons ; et ce n’est pas très gai en ce moment… mais nous sommes ensemble, soudées et attentionnées. Comme nous formons un bon petit groupe, nous pouvons ainsi nous relayer auprès d’elle, nous permettant ainsi d’autres activités plus sereines. Pour moi c’est randonnée le lundi, aquagym le mardi, rencontres avec mes amis du club d’astronomie… Lundi j’ai intégré un nouveau groupe de marcheurs. Très bonne ambiance, météo idéale pour transpirer en marchant d’un bon pas. Un peu plus de neuf kilomètres, je sais même que j’ai brûlé huit cent cinquante calories ! 

Ainsi passent les jours et les semaines, demain nous sommes déjà vendredi, maîtresse Lakevio nous a sans doute déjà trouvé de quoi inventer, raconter, délirer.

Ce sera tout pour ce soir, je ne vais pas faire ma Juju qui parle de mille choses en un seul billet ! Juju je t’adore, toi et tes billets, surtout ne change rien !

P1150752Les pluies diluviennes et inondations se sont engouffrées sous la piste cyclable, la rendant inutilisable.

P1150756Le clocher du village est en vue, nous sommes un peu fatigués.

P1150759La rivière a presque retrouvé son cours normal.

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10 janvier 2018

Souvenir

Aujourd’hui nous aurions fêté nos quarante-trois ans de mariage. La vie en a décidé autrement. Il faisait un temps superbe, je ne ressentais pas le froid hivernal,  je ne sentais que mon cœur battant la chamade. Heureux, mon bel italien ténébreux souriait en me couvant de ses beaux yeux noirs, plaisantait de droite et de gauche avec nos invités, s’inquiétait et se préoccupait du bien-être de chacun. Je me sentais belle et insouciante dans ma longue robe blanche parsemée de petits boutons de roses en soie cousus méticuleusement par belle maman. Ma taille fine et ma chevelure brune tombant en cascade sur mes épaules me faisaient reine d’un jour, reine d’amour, pour toujours. Je ne me posais pas de questions sur le chemin qui s’ouvrait devant moi, je vivais l’instant présent, comme somnolente et bercée par ce bonheur nouveau et inespéré. Je ne savais pas que par un beau jour de printemps la vie pourrait se montrer si cruelle.

Ravageuse la vie parfois, mais tellement forte… J’ai la chance que dame Nature m’ait dotée d’un tempérament gai et optimiste, tout ce qu’il faut pour traverser les épreuves. Je crois que c’est Gérard Jugnot qui a eu ces mots magnifiques « Le rire, comme les essuie-glaces, permet d’avancer, même s’ils n’arrêtent pas la pluie ».

Ce matin j’ai assisté à une cérémonie d’enterrement, au centre funéraire, en présence d’un prêtre. C’était très émouvant. Tristesse et émotion intense. Le prêtre a eu des paroles très respectueuses envers chaque humain de l’assemblée, croyant ou non. J’ai trouvé très belle une telle ouverture d’esprit que je n’ai pas toujours trouvée dans les années passées. Le chagrin de la famille m’a beaucoup éprouvée, les hommages étaient d’une grande sincérité et j’ai revécu mon propre drame.

Heureusement cet après-midi j’étais en compagnie d’amis, on a beaucoup plaisanté, ri, discuté, dégusté la tarte aux pommes que j’avais confectionnée ce matin de bonne heure. Faut-il souffrir ou avoir souffert pour savourer béatement le bonheur qui passe ?!

Live Louane - Si t'étais là

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29 décembre 2017

Au-revoir 2017

P1150684Nous voici donc aux derniers jours de 2017. Je n’ai pas pour habitude de dresser le bilan d’une année qui s’achève… d’autant plus lorsqu’elle fut difficile et douloureuse. J’ai appris à ne plus trop regarder en arrière, à ne pas ressasser le passé sauf pour y piocher les éléments positifs qui me feront avancer. Quand j’étais petite et que je chougnais pour un rien, ma mémé disait «Economise tes larmes pour quand tu en auras vraiment besoin »…

De quoi me plaindrais-je aujourd’hui ? Quand je fais ma malheureuse, c’est que j’ai envie de me faire plaindre, de me faire aimer. Je ressens parfois des manques, à moi de ne pas les transformer en besoins. Facile à dire, me direz-vous…

Et passe passe le temps, le temps du bonheur, le temps de la douleur, le temps des pleurs, le temps des rires, le temps présent. J’attends sereinement demain qui sera forcément beau puisque je le veux de toutes mes forces… et les forces, je crois en avoir pas mal !

Passe passe le temps et je ne regrette rien, s’il était à refaire je referais ce chemin. Je referais ce chemin mais pour l’heure, la voie qui s’ouvre devant moi ne ressemble ni à une autoroute lisse et monotone, claire et confortable, ni à un bourbier marécageux. Elle ressemble à cette route de montagne que j’aime tant, escarpée, enneigée, parfois verglacée. Je m’y élance avec prudence mais avec tellement de bonheur ! A bien surveiller et assurer mes pas. Rester debout, digne et en équilibre. Tout en ayant le goût de l’aventure et du défi.

Je vous dis mon affection et vous souhaite tout le bonheur du monde pour 2018.

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KIDS UNITED - Tout Le Bonheur Du Monde (Clip Officiel)

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22 décembre 2017

Heureux Noël à tous mes blogamis !

Derniers achats de Noël terminés, supermarché bondé, beaucoup de bruit. J’en suis revenue avec le tournis mais surtout avec pas mal de perplexité et un peu de tristesse après avoir observé le comportement de la plupart des gens. Où est donc l’ambiance, la magie de Noël, telles que je les rêve ? Malgré les perturbations familiales du moment, j’avais envie de sourire à tout le monde. J’ai fait de jolies rencontres et de chouettes échanges mais, dans l’ensemble, sourire et gaieté n’étaient pas au rendez-vous dans ce magasin. J’ai croisé des dizaines de personnes de mauvaise humeur, mines renfrognées et sourcils froncés, je me suis fait bousculer maintes fois sans entendre le moindre petit mot d’excuse. J’ai vu la ruée sur le foie gras et les vins fins, tandis que les enfants, pendus au caddie dégoulinant de victuailles, se faisaient rabrouer vivement. Au rayon traiteur, la vendeuse avait une petite mine très fatiguée. Nous avons échangé quelques mots. Lui faisant remarquer que pour elle cette période est sans doute épuisante, elle me dit qu’elle n’en peut plus, que certains clients sont agressifs. Elle ajoute «ils achètent tout ce qui est devant leurs yeux mais ils sont fauchés, alors on se fait presque insulter car les produits sont chers et que l’on n’a pas de meilleur marché» ! Je suis restée muette devant cette réflexion et me suis dit que le monde ne tourne pas rond. La venue du Sauveur est attendue…

Merci pour vos visites, vos mots gentils, votre réconfort, je vous rends cette affection et vous souhaite un très joli Noël et une bonne fin d’année. Je sais que 2018 nous offrira encore des moments forts de bonheur et d’amitié.

Pour l’heure, je vous offre les dessins tout mignons de mon fiston !

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18 décembre 2017

Défi Papous

Les lundis de Lakevio

Rimes et chansons. Des vers sur les lignes !

D'après Françoise Teustard, Nicolas Mosnard et le collectif des Papous dans la Tête.

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Défi : alexandrins, octosyllabes, rap ou rimes ! Treize à la douzaine ! On pêche en vers ce matin... Longues ou courtes, riches ou approximatives, abracadabradantesques ou résonnantes de vastitude, drôles ou touchantes, les rimes sont à vous !

Pour la première fois, la rime imposée reste à votre choix. mais essayez d'en tirer treize lignes !

Faut pas m’gronder m’dame Lakevio

J’ai encore pas fait l’boulot !

Vous savez, c’est Noël bientôt

Faut penser aux cadeaux

Et c’est pas l’plus rigolo

Pour l’un c’est l’mikado

Pour l’autre c’est l’cluedo

Çui-là les dominos

Là encore l’jeu du bingo

Et là l’tout dernier lego

Ah là ça va, ce s’ra un beau stylo

L’était temps, j’en dev'nais dingo

J’aurais ben tout passé par la window !

 

 

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03 décembre 2017

Sicile - Les îles Eoliennes

1Les îles Eoliennes sont composées de 17 îles dont 7 sont habitées, la principale étant Lipari où nous avons accosté.

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5Après la visite de cette jolie petite île, nous avons navigué entre tous ces îlots,

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7jusqu’à l’île Stromboli dont le volcan du même nom a toujours une activité intense. D’importantes fumeroles s’échappent du sommet mais où nous sommes placés nous ne voyons pas les éruptions.

8Nous accostons sur l’île, il est loin le sable fin des plages de Costaverde, ici ce sont des cailloux volcaniques, de la lave refroidie, compacte. Beaucoup de baigneurs cependant !

9La nuit venue, le bateau se poste devant le volcan. Le cratère rougeoie et les éruptions, environ toutes les vingt minutes, nous émerveillent… manque de chance ma batterie d’APN est épuisée !

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27 novembre 2017

La belle et la bête

Les lundis de Lakevio

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Aquarelle de Catherine Rey

A partir du tableau proposé, écrire un texte  en prose ou un poème en plaçant judicieusement les dix mots de la liste suivante que vous mettrez en gras dans votre texte. (Comme vous êtes doués, j'ai ajouté deux mots à la liste, ce qui est plus conforme au vrai jeu des Papous dans la Tête, émission diffusée le samedi soir de 20h à 21h sur France-Culture ou en podcast quand vous voulez ou presque !)

Soierie – excellent – éliminer – explication – tranchant – éclaireur – douceâtre – dominer – effet – hostile.

Il n'est pas permis de changer l'orthographe des mots. Impossible donc de les accorder ou de conjuguer les verbes. Je vous conseille de copier-coller la liste avant la composition de votre texte. Mettez en gras ou soulignez les mots utilisés dans votre texte.

Les carottes sont cuites pour la "belle". La "bête" est morte. Accident ou fallait-il l’éliminer ? La voiture a sauté dans le ravin, il décède le lendemain. Le conducteur et l’autre passager ne sont que blessés. J’ignore si une explication a pu être donnée. Il semblerait  toutefois que la météo soit à l’origine de l’accident.

Il y a quelques années, la jeune parisienne, agent immobilier de son état, débarque –je ne sais comment- dans ce coin reculé des Hautes Alpes. Aurait-elle envoyé en éclaireur un complice ? La contrée est hostile et pourtant prisée par les touristes avides de sport de glisse avec la station proche de Serre Chevalier.  La rencontre avec l’homme était sans doute programmée et parfaitement ciblée. Il vit en ermite, a vingt-cinq ans de plus qu’elle, les cheveux en bataille, un visage douceâtre au regard timide et la bouche édentée. Sa modeste demeure n’a ni eau ni électricité, aucune commodité… mais il est propriétaire de plusieurs maisons et terrains. Un excellent parti en somme. La parisienne sait le convaincre, se faire aimer, se faire épouser. Ils se marient dans le joli village montagnard sous les huées des habitants soupçonneux. La robe blanche immaculée de la jeune femme est du plus bel effet dans ce décor de carte postale. Le voyage de noces a lieu dans la capitale, le nouvel épousé apprécie-t-il le confort auprès de sa jolie épouse dans un univers inconnu de soierie et de cristal ? Et un beau jour, il repart vers ses montagnes, sans doute désespéré. Elle refuse de le suivre, elle vient de lui asséner d’un ton tranchant et sans réplique qu’elle préfère vivre dans la capitale. Le dominer, décider et le plumer est-il son seul but ? Il ne sait même pas sous quel régime matrimonial ils sont mariés. Alors, dans un sursaut de lucidité, il écrit son testament. Il ne laisse rien à son épouse, il lègue tous ses biens immobiliers à ses locataires. Le jugement vient d’être rendu, la belle n’a plus que ses yeux pour pleurer.

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Ce fait divers m'a beaucoup attristée.

 

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20 novembre 2017

La croisière s'amuse

Les lundis de Lakevio

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Ma chère Claudine,

Enfin je prends le temps de t’écrire pour te donner de mes nouvelles. Je n’ai pas une minute à moi et tu dois bien te demander pourquoi. C’est normal, tu n’es pas au courant des derniers évènements. Comme tu le sais, j’ai gagné à un concours de dessin cette croisière dans les îles grecques et ma mère a exigé que tante Noémie m’accompagne. Tu penses, me laisser partir seule sur un bateau était impensable. Un lieu de perdition, disait-elle exagérément ! Je m’apprêtais donc à mourir d’ennui, chaperonnée, que dis-je surveillée, épiée par cette vieille fille qui ne connaît rien à la vie, et surtout pas à la jeunesse. Je me voyais déjà passer des soirées scrabble, calfeutrées dans notre cabine. Mais voilà, depuis que nous avons embarqué, ma « garde du corps » est malade !  Elle vomit tripes et boyaux, se tord de douleur. Le médecin ne sait plus s’il s’agit du mal de mer, de gastro, d’appendicite. Mais la belle affaire pour moi, la voilà consignée dans la cabine, à ne pouvoir ni bouger, ni manger. Somnolente. Comateuse.

Au téléphone, ma mère me demande des nouvelles. «Tout va très bien maman, le voyage est sublime, la nourriture excellente, tante Noémie s’émerveille… Ah mais je ne t’entends plus, je crois que je n’ai plus de réseau, je dois couper, au-revoir maman, je t’embrasse fort ».

Ma chère Claudine, je te raconterai tout, je dois te quitter,  Louis m’attend sur le pont, j’ai juste le temps de revêtir ma jolie robe blanche en dentelle. Tu sais, celle que ma mère m’avait bien recommandé de ne porter que pour la soirée du commandant… J’ai bien l’impression que je ne rejoindrai pas tante Noémie cette nuit, de toute façon c’est à peine si elle s’aperçoit de ma présence.

 

 

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17 novembre 2017

Sicile (3) Palerme

1Palerme est une très belle ville

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3Riche de beaux monuments

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Non restaurés ou entretenus comme ils le mériteraient

6La saleté de certains quartiers m'a choquée, même les commerçants ne balaient le devant de leur porte

7Les budgets sont-ils utilisés tels qu'attribués ?...

8Epoustouflant de voir tous ces fils courant le long des façades

9Quantité de deux roues circulant à une allure folle dans toute la ville

10Un autre bâtiment, flottant celui-là, faisait escale

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13 novembre 2017

La petite maison dans la prairie

Les lundis de Lakevio

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C’est en 1982 que nous avons acheté une maison nichée au cœur de mon Bourbonnais natal. Notre petite maison dans la prairie, comme nous l’appellerons ensuite. Je n’avais pas connu une enfance heureuse et épanouie dans ce paysage presque plat dont la monotonie accentuait encore ma tristesse et mon ennui constants. Mais en faisant la connaissance de celui qui allait devenir mon mari, mon grand amour, j’ai longuement cheminé et pu enfin pardonner à mon père sans pour autant comprendre les raisons profondes de sa méchanceté. Daniel avait réussi à se faire aimer de lui et la vie prenait un heureux tournant. Mais revenons à la petite maison. Lorsqu’un beau jour, Maman nous annonça au téléphone que la propriété jouxtant la leur était à vendre, Daniel, sans même connaître le lieu, dit tout de suite et d’un ton sans réplique « on achète » ! Ainsi fut fait en deux temps trois mouvements. Une jolie maison entourée de quatre mille mètres carrés d’un terrain presqu’en friches. La maison quasi insalubre. Que de boulot à venir mais quel bonheur aussi ! Daniel, sans relâche, s’attaqua à restaurer et agrandir -cela dura plusieurs années- jusqu’à obtenir un nid douillet et confortable. Le pré avait pris allure de belle pelouse agrémentée de multiples arbres et arbustes et de massifs de fleurs multicolores. Les enfants couraient comme des petits fous dans le grand pré, jouaient à cache-cache dans les buissons, faisaient des galipettes jusqu’à la nuit tombante, envoyaient leur cerf-volant si haut dans le ciel qu’on ne voyait plus qu’un petit point noir balloté dans le vent chaud, faisaient du vélo, grimpaient aux arbres... L’été, le tuyau d’arrosage servait de douche, une douche tiède et délicieuse sous laquelle les enfants poussaient des cris stridents en réclamant encore et encore le jet bienfaisant. La douche rustique durait alors bien au-delà d’une simple toilette et je terminais aussi trempée que mes insatiables chérubins. Inlassablement je jouais avec la tondeuse, le rotofil, taillais les haies, désherbais les massifs de fleurs que Maman nous avait données. L’été était l’occasion de réunir famille et amis, autour de la grande table en bois sous l’immense sapin de la cour. J’adorais préparer des repas pour mes bien aimés, plus on était nombreux plus j’étais heureuse. Tôt le matin, après l’arrosage quotidien, mon panier sur le porte-bagage du vélo, je filais dans le jardin de mes parents cueillir les bons légumes dont je régalais mes invités. J’étais affairée comme une abeille, j’aimais que ma maison soit accueillante et que rien ne manque au confort de chacun. L’après-midi c’était farniente puis confitures ou encore conserve de légumes. Et quand le soir tombait, nous apportant un peu de fraîcheur, nous contemplions en silence la voie lactée, comme envoûtés, jusqu’à une heure avancée de la nuit.

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Hélas… En cette belle journée d’avril 2000 où les oiseaux du printemps chantent à tue-tête, nous avions prévu de fêter mon 48ème anniversaire. Brutalement Daniel s’écroule, mort, dans son petit paradis comme il aimait à le dire. Le bonheur vole en millions d’éclats de verre lacérant mon corps tout entier, me plongeant dans un incommensurable gouffre de détresse duquel il me fallut deux longues années à émerger. A tout petits pas, cahin-caha. Soutenue par mes enfants et mes amis, présents, chaleureux, affectueux, attentionnés, disponibles. J’ai quelque peu transformé ma maison savoyarde. C’est là que j’ai retrouvé goût à la vie en contemplant le flamboiement du soleil couchant sur la montagne dans le calme des soirs d’été, en caressant le manteau de neige dans le silence des hivers. Avec des yeux neufs et des gestes inventés…  J’ai tenté de garder ma jolie petite maison bourbonnaise, je passais toutes mes vacances à travailler à l’entretien de ce paradis perdu. Jusqu’au jour où, épuisée et consciente que je ne retrouverai jamais le bonheur sur cette terre,  j’ai dû me résoudre à vendre. C’était le 14 février… je m’en souviens comme si c’était hier. Le notaire lisait d’une voix monocorde les articles du code civil, les origines de propriété, les plans d’occupation des sols, les servitudes… j’entendais sans écouter. J’étais assise entre les deux petits amoureux qui achetaient ma maison. Ils se faisaient un beau cadeau de saint Valentin, leurs yeux brillaient… les miens aussi…

 

 

 

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