Pralinensavoie... et parfois ailleurs

21 mai 2018

Douceur italienne

Les lundis de Lakevio

lakevio

Theresa Rankin

 

 Il est six heures du soir, l'été. 

Exercice où il s'agit d'étoffer votre texte autour de la phrase tirée du premier roman de Jean Giono - Colline - 1929.

 

Il est six heures du soir, l’été. Enfin non, c’est plutôt le début de l’automne. La douceur est encore bien agréable dans la jolie citta Di Castelbuono près de Palerme. Les hommes sont assis en terrasse, ils boivent, fument et parlent fort en gesticulant. Je ne comprends pas ce qu’ils disent mais je me régale d’écouter ce parler musical que j’aime tant.

Pas, ou très très peu de femmes dans les rues, il est l’heure de s’affairer. De bonnes odeurs de cuisine s’échappent des fenêtres ouvertes et viennent chatouiller mes narines. Que de bons souvenirs remontent en moi ! Nos voyages à Mantova où nous recevait zia Bruna… sa pastachoute inégalée et inégalable. Des bruits d’ustensiles de cuisine me ramènent à la réalité. Je lève les yeux, le bon soleil sicilien a séché le linge qu’une jolie jeune femme plie délicatement. Puis elle se penche au balcon et appelle son homme, il quitte immédiatement le cercle d’amis.  Il paraît qu’en Sicile, malgré l’air macho du « sexe fort »,  ce sont les femmes qui portent la culotte !  

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13 mai 2018

Mon vélo et moi... quelle histoire d'amour !

Les lundis de Lakevio

Roue libre

lakevio

Et texte libre sur cette image printanière de Viktor Tsvetkov qui invite à l'escapade.

Ce week-end, passé en divers nettoyages extérieurs, visites et papotages, ne m’a pas laissé le temps d’écrire pour ma chère Lakevio. Mais je ne pouvais zapper une histoire de vélo ! Du plus loin que je me souvienne, j’aime rouler en vélo. Je revois même mon premier petit vélo, c’est ma Mémé chérie qui m’avait appris à m’en servir. Il était bleu et aujourd’hui mon VTC est bleu, comme la bicyclette de Régine Desforges… la comparaison s’arrête là !

Pour vous parler vélo donc, j’ai ressorti un texte de septembre 2004 publié dans un précédent blog. Ce n’est pas du jeu me direz-vous, mais reconnaissez mon honnêteté à vous signaler qu'il s'agit d'un document d’archives.

 

Journée d’automne comme je les aime. L’été s’endort paisiblement, cédant à de douces journées ensoleillées. Sans la moindre résistance à l’appel de la nature, délaissant toutes tâches ménagères, me voilà partie sur mon cher vélo, à flirter avec les bonnes odeurs de l’automne, notamment celle des pommiers croulant sous les fruits. Malgré quelques dénivelés, faciles pour les pros, difficiles pour les débutants, moyens pour moi, je tombe vite sous le charme de dame Nature et de l’environnement qui m’émerveille comme au premier jour de mon arrivée dans la région. J’ai les yeux partout… sauf là où je devrais, si bien que je me retrouve à musarder au beau milieu de la route. Quelques klaxons me rappellent à l’ordre. Je m’arrête pour observer deux lézards qui ont l’air de s’amuser comme des petits fous. Je repars, guillerette, j’aime la brise dans mes cheveux, j’ai envie de plein air, de chemins déserts et de silence. Je m’engage sur une toute petite route et me retrouve dans une riante vallée entourée de mes chères montagnes. Je suis bien, je roule doucement, je flâne, désire tout voir, tout capter, tout emmagasiner, tout retenir, ne pas en perdre une miette, respirer à m'en éclater la cage thoracique. Je m’arrête devant un calvaire que des mains de dame, sans doute, ont joliment fleuri, mariant avec goût couleurs et genres. Plongée dans une sorte de contemplation respectueuse, je n’ai pas vu s’approcher un petit âne gris, tout près de la clôture. « Bonjour Cadichon, désolée je n’ai pas le moindre croûton de pain pour toi, voici une caresse sur ton museau, c’est déjà bien, non ? » Dans les méandres de la vallée, l’air est doux, une petite brise m’offre le bruissement des feuilles et les odeurs de terre encore chaude. C’est le sourire aux lèvres que je vois débouler devant moi un tracteur datant de … très très loin ! Vous savez, le petit Someca orange avec le gyrophare de même couleur, poussif, hésitant… teuf teuf teuf, je vais presque plus vite avec mon vélo, bon, je ne veux pas faire la course quand même ! Le chauffeur est tout aussi folklorique. Un bon et brave monsieur à l’air tout étonné, un peu rougeaud mais bien sympa. Il me salue d’un signe de tête, je lui réponds d’un petit signe de la main. Mais où va-t-il avec cet engin ? Il ne va pas au supermarché tout de même ! Si si, j’en ai vu qui allaient faire leurs courses en tracteur ! En tout cas, ce monsieur a l’air paisible et équilibré et ne semble pas être victime de mauvais stress. Je l’envie tout en étant heureuse pour lui. A l’entrée du village, je franchis le pont qui surplombe l’autoroute A43, retour à la bruyante civilisation. Vite, fuyons. Je m’installe tranquillement sur un banc de la petite place déserte et endormie sous le bon soleil. C’est dans ce village que vit mon frère, je ne le verrai pas, il est au travail mon cœur de lion, au cœur de Lyon. Un silence presque bruyant envahit mes oreilles, mais voici que sonnent seize heures au clocher tout proche, me tirant d’une douce torpeur peuplée de rêveries. Levant la tête, mon regard se réjouit de la flèche pointue du clocher crevant le bleu du ciel. Tout n’est que beauté, je frissonne d’émotion. La bonne personne qui a fleuri le calvaire rendrait sans doute grâce à Dieu, moi je ne sais plus faire. Je pense juste aux personnes que j’aime, je souhaite que leur existence soit douce et paisible, qu’elles soient épargnées le plus longtemps possible des chagrins qui peuvent jalonner notre parcours. Je frissonne encore, cette fois il s’agit de la fraîcheur qui commence à tomber sur mes épaules. Il serait bien de rentrer maintenant. Encore quatre kilomètres et je retrouverai mes murs, mes remparts, mon refuge. Ces moments d’évasion, déjà envolés dans les méandres du passé, resteront pour très longtemps un beau souvenir.

 


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06 mai 2018

Praline en mer

Les lundis de Lakevio

lakevioArmand Guillaumin - Le Trayas

"Je ne puis voir la mer sans rêver de voyages.
Le soir se fait, un soir ami du paysage
Où les bateaux, sur le sable du port,
En attendant le flux prochain dorment encor…"

Emile Verhaeren - Le Voyage, extrait )

Voyage immobile, rêverie en bord de mer, souvenir de voyage, promenade en mer...

Vous l'avez compris : thème imposé : la mer !

 

 

Vous connaissez « Martine à la plage », maintenant, Mesdames et Messieurs, j’ai l’honneur et l’avantage de vous présenter « Praline à la mer ».

La première fois que je suis allée en Corse, j’ai beaucoup aimé la croisière reliant Bonifacio aux îles Lavezzi. Une eau turquoise et transparente permettant d'admirer une multitude de poissons. Des rochers rouges surgissant de la mer. Doux soleil, brise marine enivrante, farniente, bronzage… Sea sex and sun ! Je me suis imaginée au paradis… c’est aussi le paradis (fiscal) de quelques milliardaires résidant sur l’île de Cavello que nous avons contournée sans l’approcher, laissant apercevoir de somptueuses demeures dont les façades aux couleurs ocre se fondent dans le paysage.

La deuxième fois que je suis allée dans l’île qui porte bien son nom d’île de beauté, j’ai refait la même croisière, ben oui, on ne s’en lasse pas ! Avec les copines et les copains, guillerets, nous voilà installés sur le pont supérieur, avides d’embruns, de soleil, de vagues se fracassant contre la coque. Pas question de rester enfermés, au ras des flots,  bien sagement assis à regarder l’écume venant mourir sous notre nez !  J’ai envie de chanter « Vogue, vogue vieux navire, vogue, vogue grand bateau, que ton étrave déchire le néant des flots », une chanson de Jeanne Moreau que j’aime. Mais voilà qu’à peine arrivés en pleine mer, c’est la tempête… Mes amis quittent les lieux, me demandent de les suivre, je ne veux pas ! Ils doivent crier pour se faire entendre, la mer est furieuse et bruyante. Je réponds de même, je hurle : Je-veux-res-ter ! Je veux voir et ressentir ce que vivent les marins dans la tempête ! C’est clair, laissez-moi… Me voilà seule, enfin non, pas seule, un petit couple d’amoureux est là aussi, blotti, s’agrippant l’un à l’autre. Et moi je m’agrippe à personne, je me cramponne fermement au bastingage, d’une main, tandis que de l’autre je serre contre moi mon sac –que j’ai glissé sous mon kway-, parfois je réajuste mes lunettes qui menacent de s’envoler. Je sais maintenant, j’en suis sûre, j’en ai la preuve, je n’ai pas le mal de mer. Imaginez ! Le bateau plonge de plusieurs mètres dans le creux de la vague, en même temps que je me retrouve copieusement arrosée. Je ne vois plus rien, le trou noir, et puis le bateau refait surface et là je suis au zénith,  je vois l’horizon, beau, ensoleillé malgré mes verres de lunettes opaques, trempés... enfin, je vois surtout le ciel quand le bateau, à la verticale,  refait surface. Nous arrivons dans une petite crique, le calme semble revenir. Un membre de l’équipage en profite pour s’inquiéter de moi et vient me demander si je veux bien descendre. Déterminée, je refuse. Et c’est reparti. Nous n’irons pas jusqu’aux îles Lavezzi pour cause de mer déchaînée. Demi-tour. Le retour se fait dans les mêmes conditions, je suis sur les montagnes russes, j’ai parfois souvent peur, le fracas du bateau sur les vagues me donne l’impression qu’il va se briser en mille morceaux. Et moi qui nage comme un marteau… Enfin nous voilà au port. Mes amis rient aux éclats en me découvrant dégoulinante  des pieds à la tête, même pas nauséeuse…  eux ils le sont, car en bas ça vomissait à qui mieux mieux !

 

Jeanne Moreau - Où vas-tu Mathilde

Sintineddi(chant Corse).Canta u populu Corsu (photos jean luc)

 

 

 

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30 avril 2018

Les ravages du temps

Les lundis de Lakevio

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Yuri Bosko - peintre russe né en 1930 à Samarkand (aujourd'hui Ouzbekistan).

Quand je l’ai vue pour la première fois, j’en serais devenu muet ! Elle était la fille du plus grand maraîcher de la ville. Ah oui elle était toute mignonne la petite Mylène, j’osais à peine la regarder tant elle m’intimidait ! Pensez, tous les gars fortunés du pays rêvaient de l’approcher, alors moi que pouvais-je espérer, je n’étais qu’un petit apprenti insignifiant, employé par ses parents. Quand je la croisais, je baissais les yeux en essayant de calmer les battements fous de mon cœur déjà amoureux. Puis un jour, elle fit les premiers pas, me salua en souriant gentiment.

Tout se déroula naturellement, elle m’apprivoisa sans même m'en rendre compte, sans que j’aie ressenti la moindre culpabilité. Elle était si douce, si prévenante, si naturelle, si simple au fond ! Fine psychologue, elle réussit à faire comprendre à ses parents que pour elle je n’étais pas un simple employé mais un doux compagnon qu’elle prenait grand plaisir à côtoyer. Et comme ils ne refusaient rien à cette fille unique pleine de sagesse et de bon sens…

Nous nous mariâmes et eûmes deux beaux enfants.

Les années passèrent.

Les enfants quittèrent le nid pour voler de leurs propres ailes.

Happés par le tourbillon de la vie, nous ne nous rendîmes pas compte que jeunesse et fougue nous avaient peu à peu quittés.

Les parents de Mylène décédés, l’affaire eut du mal à tenir debout, je dus trouver un travail ailleurs.

Mylène me reprochait les heures supplémentaires que j’effectuais.

Je rentrais tard le soir. Les disputes succédaient aux disputes.

Nous ne nous comprenions plus.

Les sentiments s'effilochèrent.

 

Misère, cette femme… ma femme, mon épouse, celle que j'ai aimée comme un fou… Elle est là, plantée devant moi, le visage fermé, le corps épaissi,  elle me fait peur avec ses bras de fort des halles… Qu'est devenue ma jolie Mylène, ma tendre fiancée ? Une dispute va-t-elle encore éclater ?

***

"Mylène, mon amour, je t’en supplie, redeviens la douce amoureuse que j’ai connue, qui m’a tout donné, qui a cru en moi… tu sais, je t’aime éperdument, sans toi je ne suis rien, je n’ai pas su te le dire pendant toutes ces années où le labeur a étouffé, enfoui nos sentiments, mais je t’en supplie, retrouvons-nous, refaisons connaissance comme aux premiers jours."

Mylène s'approcha, nous tombâmes dans les bras l'un de l'autre, mêlant nos larmes et nos rires.

 

IL N'EST JAMAIS TROP TARD !

 

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21 avril 2018

A la prochaine, les petits !

Et voilà, la maison ne résonne plus du chahut de mes chers petits galopins. Epuisée je suis mais si heureuse de cette semaine trop vite écoulée. J’ai reconduit chez eux les deux plus éloignés, mes petits bugistes. Il faisait beau et chaud cet après-midi sur les routes secondaires.

Et comme toujours, la dualité de la vie m’a encore chopée de plein fouet... J’avais le cœur en miettes de me séparer de la chair de ma chair, après une semaine intense en jeux, promenades, câlins et dialogues. Intense aussi en travail… quatre enfants de 14, 10, 8 et 4 ans, ça donne du boulot ! En intendance ce sont les courses, les repas, le linge, un peu de rangement mais « pas-trop-on-verra-plus-tard »! Et puis des sorties et des jeux à organiser… Et des Mamie par-ci, Mamie par-là, Mamie s’il te plaît… Et quelques disputes à gérer… bref pas le temps de voir passer les jours… et pouf tout à coup plus personne. Alors je pleure tandis que je charge la voiture, c’est fini, on va se séparer.

Mais voilà que chemin faisant, de part et d’autre de mes petites routes de campagne, je découvre la nature dans toute sa splendeur ! D’immenses champs de colza, le lilas odorant, les coteaux garnis de pervenches et d’ail des ours, des senteurs à n’en plus finir ; l’immense patchwork de la forêt où se mêlent tous les tons de vert parsemés de la blanche aubépine, les prairies de boutons d’or, les prunus mauves crevant le bleu du ciel… les odeurs d’herbe fraîchement coupée, de barbecue dans les jardins, les enfants riant en se roulant dans l’herbe sous la surveillance apparemment distraite de parents occupés à de sympathiques agapes.

Oui j’ai vu tout ça et m’en suis gavée. Et je crois bien que si mes yeux sont encore mouillés ce soir, c’est à cause des pollens… on va dire comme ça.

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15 avril 2018

Pouce, je pause !

Le fauteuil de dame Lakevio ne m’inspire pas et je n’ai pas eu le temps de réfléchir à la moindre histoire.

Un décès m’a beaucoup bouleversée et perturbe mon sommeil.

Un jardin à nettoyer.

Ce sont les vacances : des petits-enfants à accueillir ; à partir de demain et pour toute la semaine.

Des copines à rencontrer.

Un mal de dos qui m’agace.

Alors, pouce je pause !

Besoin de contempler le printemps, de ma fenêtre c’est magistral, le cerisier des voisins est une splendeur.

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P1160047Mais la neige est encore là sur les hauteurs de Chartreuse.

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09 avril 2018

Jacques monte au ciel, je tombe des nues...

Les lundis de Lakevio

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Karin Jurick

Sur ce que vous inspire la toile de Karin Jurick, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

complémentaire - époustouflant - respirait - baignade - tortionnaire - chanteur - jugera - aberrant - pénitencier - profitera

 

On était là, tous les deux, mon beau-frère Benoît et moi, assis sur un banc, à l’ombre des grands arbres. Comme deux vieux. Non, pas si vieux que ça mais suffisamment pour avoir tricoté une Histoire… Mailles à l’envers, mailles à l’endroit. Un passé fait de bonheurs et de joies, la vie quoi !

On était bien là, tous les deux, à ne penser à rien, on respirait l’air printanier de ce joli jour d’avril fleuri et prometteur.

Un peu plus loin, un petit poste de radio diffuse les informations… le chanteur Jacques Higelin est mort ! Nos yeux se mouillent, nos voix se brisent, les souvenirs affluent.

Benoît m’écoute raconter… Je viens juste de me retrouver seule. Une période douloureuse malgré un entourage présent, constant, attentionné. Pour tenter de me divertir, un couple d’amis me propose de les accompagner au concert de Jacques Higelin. Je décline l’invitation, arguant du comportement aberrant de cet artiste, complètement ivre sur un plateau de télévision, dans une tenue digne d’un évadé de pénitencier ! Les amis insistent… « Il ne faut pas juger comme ça à l’emporte-pièce, sans savoir… tu verras, il est époustouflant ce mec, tu vas aimer ! Allez viens, on en profitera pour chanter, se défouler, cela te fera un bien énorme, tu oublieras ton chagrin, au moins le temps d’une soirée »…

Nous voilà assis en plein air, devant le kiosque à musique où l’artiste va se produire. Et soudain, il arrive, bondissant, une vraie « bête de scène », j’en suis restée ébahie mais  il m’a donné l’impression d’être un tortionnaire envers ses musiciens. Je me suis dit que ces gars-là ne devaient pas être à la noce tous les jours ; une telle fougue ne doit pas être de tout repos… Eh bien non ! Rapidement j’ai ressenti une complicité parfaite entre ces hommes. Jacques Higelin est tour à tour déjanté, explosif, hurlant, bruyant, puis poétique à souhait, cœur d’artichaut, sentimental et pudique. De l’improvisation, des rallonges à n’en plus finir, un orchestre qui a du mal à suivre, toujours la ritournelle complémentaire qui nous fait bondir, crier, chanter, applaudir à tout rompre.  Charmée, émerveillée, je ne me suis même pas aperçue qu’il s’était mis à pleuvoir. Comme sortie d’une folle, loufoque et extraordinaire baignade, mes cheveux dégoulinent, mes vêtements collent à ma peau,  mais je suis bien, quasiment hypnotisée !

 

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04 avril 2018

Pâques au tison

Pâques arrivait tandis que s’achevait le premier trimestre 2018… j’ai l’impression que Noël était hier !

Comme chez ma lovely cop’ Heure Bleue –qui se lamente que les blogs sont déserts- les enfants sont venus. Pas tous à la fois, il faut partager.

Mon fils, sa douce moitié et leurs trois fillettes sont venus le dimanche des Rameaux.

Ma fille, mon (bientôt ex) gendre et leurs trois chérubins sont venus samedi soir. Comme pour Noël ce fut une soirée sympa, tour à tour rigolote et sérieuse. Mais dans la paix malgré le divorce en cours. Personne n’a boudé qui que ce soit, pas de réflexion acide, pas de comportement désobligeant. Tout irait le mieux possible si de « l’autre côté » on ne fichait pas le bazar. Quand les enfants divorcent, les parents n’ont pas à s’en mêler… ni à agresser, ce qui fut le cas dernièrement. Je continuerai d’inviter le papa de mes petits-enfants, je pense qu’il est important de conserver une cohésion familiale. Pour le bien de tous. Mon gendre ne m’a fait aucun mal, il a toujours été agréable avec moi, je ne vois pas pourquoi je le repousserais. Bref… le jour de Pâques, comme pour Noël, ma fille et moi étions mises à l’écart, nous sommes les méchantes, celles par qui le malheur arrive ! Nous avons néanmoins passé une belle journée, avec ma marraine et mon amie Monique.

Il ne faut pas croire que je suis indifférente à la situation. J’ai beaucoup souffert, j’ai toujours mal. Sans rien dire, et surtout pas aux « petits ». Ne pas rajouter de la souffrance à la souffrance. J’ai passé des nuits sans sommeil. Elles sont encore perturbées. Sommeil en pointillé. Néanmoins j’accueille, j’aime, je ne juge pas, je suis là, disponible, porte et cœur grand ouverts. La vie n’est pas un long fleuve tranquille, mais comme je dis souvent : c’est mieux que si c’était pire.

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30 mars 2018

Heureuse fête de Pâques

Je ne me souviens pas si nous avons connu Noël au balcon mais j'ai bien peur que nous ayons Pâques au tison.

Quoi qu'il en soit je souhaite à toutes et tous une bonne fête pascale. Je vous espère entourés, en famille, dans la chaleur humaine, l'affection, l'amour. Ce sera mon cas avec une partie de mes enfants.

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26 mars 2018

Drame au bar

Les lundis de Lakevio

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Nicolas Ordinet

texte libre

Depuis quelques semaines, Elsa éprouve une grande tristesse. Mariée depuis trois ans à David, elle a… enfin... aurait tout pour être heureuse. Une belle maison qui vient d’être terminée sur les hauteurs de la ville, un travail intéressant et valorisant, un mari brillant… mais dorénavant beaucoup trop absent. D’importantes réunions le retiennent tard le soir. Et lorsqu’il rentre, fatigué, comme absent, absorbé dans ses pensées,  il embrasse Elsa du bout des lèvres avant de s’enfermer dans son bureau. Peu à peu la joie a disparu de leurs visages. Fini le temps des longues soirées tendres et complices, devant un bon feu de bois ou un film choisi ensemble. Les fins de semaine sont également dépourvues de bonheur.  Finies les longues promenades en ville où leurs rires s’égrenant dans la foule faisaient retourner les passants attendris. Terminées les belles promenades en forêt où l’envol d’un oiseau les faisait s’immobiliser, émerveillés, silencieux, cœur à cœur, main dans la main. 

Puis la tristesse laisse place au doute… Ce changement si brusque, cet éloignement affectif de plus en plus prononcé,  David lui serait-il infidèle ? Passent les jours mais le soupçon qui la taraude ne la quitte pas. Elsa veut en avoir le cœur net. Elle décide un soir d’aller accueillir son mari à la sortie de son bureau. Chemin faisant, son regard s’arrête soudain sur un couple assis au bar de l’Europe. David en charmante compagnie. Regards complices et tendres qui en disent long. Conversation animée. La main de David se pose doucement sur le genou de la jeune femme qui se penche et l’embrasse furtivement. Elsa est pétrifiée, détruite, la terre s’enfonce sous ses pieds, c’est un gouffre sans fond , béant, qui va l'engloutir. Dans un ultime sursaut d’énergie et de désespoir, elle entre en trombe dans le bar, se dirige vers le couple, attrape au passage sur une table  une carafe et assène un coup violent à David. Il se retourne vers elle avant de s’écrouler sous le regard stupéfait de sa compagne… Ce n’est pas David.

 

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