Pralinensavoie... et parfois ailleurs

05 décembre 2016

Farniente ? ou pas...

lakevio

Tableau  de Edward Hopper - People in the sun - Proposé par Lakevio

 

Ils sont là, sur des transats, corps exposés au chaud soleil de juin. Les montagnes se découpent sur l’azur du ciel, la vie semble douce. Martine a coiffé un chapeau à larges bords, Catherine est restée tête nue. Elles sont silencieuses, tout comme Marc et Gilbert, quant à Jacques il a préféré se plonger dans la lecture d’un polar. Tenter de se distraire, d’oublier, au moins ne plus ressasser…

Martine et Catherine sont sans doute envahies de pensées identiques. Deux sœurs très différentes et pourtant si proches. La blonde et la brune. La timide et la fougueuse. Toutes les deux à la tête d’une entreprise de linge de maison, trop longtemps abandonnée mais de nouveau prospère. Héritage du papa. Mort d’une maladie pulmonaire infectieuse qui l'a tenu cloué au lit de longs mois durant.

Une vie de jeunes femmes libres mais de labeur aussi, diriger une entreprise n’est pas toujours aisé. Heureusement le personnel dans son ensemble est courageux et ne ménage pas sa peine. Il faut dire qu’après la longue guerre, le travail ne manque pas. L’enthousiasme est revenu au milieu du crépitement incessant et bruyant des machines dont Jacques assure la maintenance.

Marc et Gilbert, deux hommes secrets dont on ne sait d’où ils viennent ni comment est leur vie. Ils  ne parlent pas, ou peu. Ils sont ailleurs.

Qu’importe, ces jeunes gens ont sympathisé dans le silence de leur cœur. Leur présence ici, que la majesté des sommets devrait rendre heureux, est si douloureuse... Les mots sont dérisoires. Nous sommes en l’an mil neuf cent vingt-six, au sanatorium du plateau d’Assy en Haute Savoie.

 

 

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30 novembre 2016

Un beau dimanche d'automne

P1130131La Drôme provençale sous le soleil d'automne, ça change de la lavande mais c'est pas mal du tout.

P1130133Je dirai même que c'est très beau.

P1130134De la douceur, de belles couleurs, des pierres dorées.

P1130168Un chat paisible dans un petit village désert.

P1130151Au loin les montagnes enneigées du Queyras.

P1130141Je n'ai pas trouvé Antoine !

P1130169Le soleil décline à l'horizon et flamboie sur les sommets.

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28 novembre 2016

L'épicerie d'autrefois

Tableau proposé par Lakevio

lakevio

Août 1977, nous sommes en vacances dans un joli village à une vingtaine de kilomètres des plages normandes. Rues et ruelles sont désertes et silencieuses, seul le clocher de l’église qui égrène les heures est là pour nous signifier que la vie s’écoule. Ah si, un autre bruit nous ramène à la civilisation, c’est le tintement de la cloche de la porte d’entrée de l’unique commerce. La petite épicerie est l’endroit où se retrouvent les gens du village un peu tout au long de la journée. Vous entrez… vous êtes saisi, immanquablement saisi ! Un bazar incroyable s’offre à votre vue. Comment ça une épicerie ? Mais non voyons ! C’est une épicerie-charcuterie-boulangerie-primeur-tabac-librairie-parfumerie-quincaillerie-mercerie-chausseur-fleuriste…que sais-je encore, votre regard n’est pas assez affûté pour un inventaire rapide et complet. Les épingles à linge s’enivrent de l’odeur de pain frais, les journaux du jour attendent le lecteur sur le large couvercle d’une cocotte-minute, le bégonia rose s’harmonise avec les chaussons pour petits pieds frileux mais les chaussons aux pommes sont bien alignés dans la banque réfrigérée, près d’une odorante charcuterie du terroir. Oui tiens, les odeurs, un mélange fruité, salé, sucré, de chiffons et de boulons, de je ne sais quoi au juste mais c’est puissant et délicieux. Gentil sourire aux lèvres, une dame d’un âge plus que certain s’avance vers nous. - Bonjour messieurs-dames, vous désirez ? - Bonjour madame, ce serait pour une bouteille de gaz s’il vous plaît. Eh oui, elle a même ça en magasin la dame ! Un 15 août à dix-huit heures en plus… Mais je vous parle d’un temps… quoique… on y revient, dans des conditions un peu différentes. Nostalgique moi ?

P1120554Dans une petite ruelle de Ramatuelle.

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23 novembre 2016

Hebdo news

Jamais je n’aurai le temps de tout faire, quelle vie de retraitée ! Mais comment faisais-je lorsque je travaillais ? Sans doute étais-je mieux organisée, oh non, en fait je ne profitais pas de la vie, des copines et des copains, je me couchais tôt et me levais à l’aube, j’allais de la maison au travail et c’est à peu près tout, du moins en semaine. Heureusement j’étais à quelques minutes à pied de mon lieu de travail et pour m’y rendre je gravissais une jolie côte qui m’offrait des tapis de primevères dès les premiers signes du printemps. Je savais alors que le week-end venu je pourrai aller vadrouiller, en quête de frêles bourgeons et de timides fleurettes, sous la neige quelquefois. Mais c’est bien connu… quand on travaille le soleil brille insolemment derrière les vitres du bureau et le week-end il pleut à seaux ! C’est du passé tout ça, maintenant dès qu’il fait beau, la poussière ou le repassage ont beau me narguer, je donne un tour de clé et je m’égaille dans la nature. Et ma foi, s’il pleut, il y a souvent quelqu’un ou quelqu’une pour me détourner de mon devoir et me proposer un café et un papotage… à moins que ce soit moi qui soit demandeuse. Cette fois-ci je n’ai pas eu le temps de faire le devoir de Lakevio, donc pas d’inspiration… eh oui, c’est qu’il faut réfléchir, trouver une histoire, la construire, la développer ! Je n’ai presque pas habité la maison de tout le week-end. Vendredi j’ai accompagné une amie à une consultation chez l’ophtalmo, une belle galère, elle s’est trompée d’établissement, on s’est un peu égarées, elle a grillé un feu rouge… J’ai râlé, tempêté, sursauté, bref on est en vie ! Samedi et dimanche je n’étais pas à la maison, lundi j’ai passé la journée à Grenoble à la « fête des bâtisseurs », un très beau spectacle de cabaret suivi d’un repas gastronomique. Nous étions huit cent cinquante au Summum de Grenoble. Le magicien a invité une de mes copines à monter sur scène… à peine allongée sur une table, elle s’est profondément endormie et quelques secondes plus tard son corps s’est soulevé d’une cinquantaine de centimètres ! En regagnant sa place, elle titubait et se demandait ce qu’il lui arrivait. Je sais qu’il ne faut jamais se placer au premier rang, ouf j’ai bien fait de m’installer au troisième rang. Le soir j’étais à ma réunion du club d’astronomie. Hier je suis allée papoter chez ma copine Eliane qui me vend des œufs chaque semaine, elle m’a donné une belle citrouille qui cuit pendant que j’écris. Cet après-midi j’avais la réunion de mon club de retraités actifs. Ce matin j’ai quand même expédié tout mon repassage et fait quelques courses en vue de la visite demain de ma copine Mathilde qui restera chez moi jusqu’à vendredi matin. L’après-midi j’aurai la visite de trois amis, samedi relâche ! Sauf le soir où je suis invitée chez des amis du club astro, nous serons neuf et je suis chargée de faire une salade de fruits. Mais que vais-je donc faire dimanche ? Pour l’instant rien de noté mais hors de question que je reste seule chez moi ! Voilà… donc tu vois, ma chère Lakevio, comment veux-tu que j’y arrive ?! Si si, j’y arriverai, j’adore que tu aies eu cette belle idée de nous proposer d’écrire une histoire à partir d’un tableau.

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16 novembre 2016

Le parc Bargoin

L’Auvergne est souvent à l’honneur chez mes copines de blog et pour cause ! Elles y vivent ou ont des racines sur cette jolie terre volcanique, voire une résidence secondaire (Lilli). Moi-même je suis née pas loin, m’en suis un peu éloignée mais appartiens à cette belle région Auvergne Rhône Alpes. J’ai encore quelques attaches familiales dans le 63 et chaque année j’éprouve un énorme plaisir à conduire ma marraine en cure à Royat et à retourner la chercher, trois semaines plus tard. J’en profite alors pour visiter, dernièrement j’ai publié ici le Puy-de-Dôme, géant auvergnat comme le nomme ma copine Rose, sommet qui me rappelle tant de bons souvenirs et me procure une immense sensation de liberté.

Voici maintenant quelques vues du parc Bargoin, je croyais qu’il se situait sur les communes de Royat et Chamalières mais il semblerait qu’il ne se trouve que sur cette dernière commune (Si je me trompe, vous me corrigez, les filles !) J’ai déjà visité ce parc deux fois et ne m’en lasse pas. Cette fois j’ai d’ailleurs failli rencontrer Rose mais nos emplois du temps ne correspondaient pas. Elle était sur Clermont Ferrand alors je reprenais la route pour ma chère Savoie.

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14 novembre 2016

Ce soir je serai la plus belle

Tableau proposé par Lakevio

lakevio

Sally Strand - Looking back

Max a beau être un excellent coiffeur, il a fait ce que lui a demandé maman, alors moi cet horrible chignon vieillot, il ne me plaît pas du tout, mais alors pas du tout ! C’est vrai quoi, mise à part la robe, on dirait la ménagère de quarante ans qui part faire son marché alors que je fête mes vingt ans. La robe, ah oui la jolie robe verte à fines bretelles ! J’ai eu beaucoup de difficulté à la faire accepter par maman qui m’aurait bien conseillé de porter pantalon et pull à col roulé ! «Ma chérie, il fait frais ce soir, tu vas attraper mal »… Moi ce que je veux attraper, c’est le beau Georges… en espérant que sa mère ne l’aura pas séquestré ! Ah je vous le dis, être jeune, ce n’est pas facile tous les jours. Bref… Maman m’appelle, me demande si je suis prête, elle m’attend dehors au volant de la voiture. Dans quelques minutes elle me déposera devant la salle réservée par la bande de jeunes insouciants que nous sommes. Les filles envahiront les toilettes pour troquer pantalon contre mini-jupe et bas résille et sortiront leur nécessaire de maquillage. Et moi je retirerai toute cette quincaillerie qui retient mes cheveux prisonniers. Riant et virevoltant, je secouerai ma longue chevelure flamboyante dont les boucles tomberont en cascade sur mes épaules dénudées. Mais… où est Georges, je ne le vois pas… Ah, salut Marc, quelle bonne surprise ! On danse ?

(Ce texte n’est pas autobiographique, non pas à chaque fois tout de même ! C’est juste que lorsque je sors de chez le coiffeur, je me trouve tellement figée casquée, j’ébouriffe mes cheveux dans tous les sens et ça va tout de suite mieux.)

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08 novembre 2016

L'automne dans ma rue

lakevio

Spencer Gore - Cambrian Street - Richmond - 1913

Tableau proposé par Lakevio

 

Dites-moi, puis-je me permettre de vous confier ma tristesse en ce soir de premier froid ? Il a neigé, grêlé, plu, en alternance toute la journée. Le nez collé au carreau, je regarde, presque sans la voir,  la rue déserte que de très rares passants animent. Je regarde presque sans la voir, ma rue, familière depuis plus de quatre décennies. Elle est belle ma rue, tranquille, bordée de grands arbres centenaires. C’est l’automne, les feuilles commencent à tourbillonner dans un magnifique ballet rouge et or. Demain les branches seront dénudées, l’hiver viendra. L’endormissement de la végétation. La mort. Mais une mort provisoire. D’ici quelques mois, la nature de nouveau s’éveillera, revivra, explosera en mille couleurs et senteurs. Je regarde ma rue, presque sans la voir. Mon âme vagabonde et se pose près de toi… Mort provisoire…  S’il pouvait en être ainsi de toi, mon amour… Nous ne vieillirons pas ensemble, cela me ravage à chaque fois que j’y pense. Quand tu es mort, notre premier petit-fils n’avait que six mois. Tu étais fou de joie, émerveillé devant ce petit homme.  Il a maintenant dix-sept ans. Il est grand, te dépasse d’une tête. Puis un autre garçon et trois filles sont venus agrandir le cercle de famille. Comme tu serais fier !  Je te connais tellement que je t’imagine devant cette joyeuse descendance, sensible comme tu l’étais, la larme à l’œil pour l’anniversaire de l’un, la concentration pour apprendre quelque travail manuel à l’autre… la famille c’est si important ! La rue est déserte, je ferme les volets, il fait froid. Je suis seule… mais comme je le dis souvent, pas seule au monde. Ce ne serait pas vivable.

 

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04 novembre 2016

On dirait le sud

Envie de sud en cette période qui s'annonce froide ? Allez, suivez-moi, je vous emmène dans les jolis villages, en bateau de Saint-Tropez à Sainte-Maxime ; dans les embouteillages de Grimaud à Gassin, eh oui c'est ça le sud, même début octobre !

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P1120626La décoration du moment.

P1120669Le bateau quitte le port de Sainte-Maxime en passant devant le phare.

P1120818Dans une ruelle de Saint-Tropez.

P1120855Cactus (coussins de belle-mère ?)

P1120713Saint-Tropez vu d'en haut.

P1120598Le château féodal de Grimaud (avec son dromadaire !)

P1120788Trompe l'oeil à Les Arcs

P1120629Grimaud.

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31 octobre 2016

Confidences au parc

lakevio

 Pour Lakevio, d'après un tableau de Vittorio Corcos

«Claudine, regarde ces deux élégantes en train de papoter, tu les connais ?»

«Oh oui que je les connais, ce sont les deux orgueilleuses qui passent leurs vacances au château au sommet de la colline».

«Ah bon, raconte donc !»

«Je n’en sais que ce que les gens du village racontent, mais je veux bien croire les commentaires entendus çà et là. Tu n’as qu’à les observer, elles sont hautaines, indifférentes, pire encore elles nous toisent de pied en cap, je t’assure, autant de dédain me rabaisse et me fait douter, moi la forte au quotidien, l’infatigable aux rudes travaux de la ferme.

Celle qui nous fait face est la nièce de madame la comtesse Dufermoir De Monsac, c’est la première fois qu’elle vient en vacances ici. Jusqu’alors, tous les étés, elle voguait dans les eaux turquoise des Caraïbes. Son mari est mort début juillet dans un accident d’offshore.

Celle qui nous tourne le dos est sa dame de compagnie dont le mari est mort au front l’hiver dernier. Sans doute écoute-t-elle patiemment sa patronne lui raconter les malheurs qui ont stoppé net sa vie dorée. Maintenant, c’est grand deuil pour longtemps, très longtemps.»

«Ah ma pauvre Claudine, je les regarde en t’écoutant et je vois bien qu’elles sont hautaines, mais comme elles sont belles ! C’est sûr que nous à côté, avec nos robes taillées dans la toile épaisse et lourde, nos sabots inélégants, nos cheveux ternes, on est loin de faire le poids !»

«Mais allez, ne regarde pas ces détails, regarde plutôt la petite fille qui se tient à leurs pieds.  Pauvrette, comment peut-elle jouer ainsi fagotée, engoncée dans cette vilaine cape et affublée de cet horrible bonnet tuyauté ? Et des gants blancs pour patouiller le sable, on aura tout vu ! Ne crois-tu pas que nos enfants sont bien plus épanouis avec leurs culottes trouées, à sauter dans les flaques, à se rouler dans les prés, à faire des pâtés de sable, une bassine d’eau à leur portée, à courir, sauter, rire, rentrer crottés mais tout roses par les joues. Allons, viens, ils nous attendent pour le goûter.»

 

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24 octobre 2016

Vive le camping

Proposition de Lakevio, d'après l'oeuvre de Marion Tivital

lakevio

Après une longue route, ils sont arrivés au camping. Ouf ils vont pouvoir laisser éclater leur amour, loin de la surveillance des parents, de leur réprobation ravageuse, de leurs jugements à l’emporte pièces. Avides de tranquillité et de solitude.  Manque de pot, le camping est archi bourré de tentes et caravanes, marée humaine, les uns sur les autres, à recevoir les conversations des voisins, à se choper un ballon sur le coin de la figure alors que la sieste est si bonne (même pas polissonne la sieste, comment voulez-vous dans cette cohue ?!)

Et un beau matin…

«Chéri, viens voir ! »

« Haann laisse-moi dormir »…

« Mais viens voir je te dis ! Tu vas être content »

« Qu’est-ce qui se passe encore ? J’en ai tellement soupé de cette foule bruyante, pas moyen de trouver un instant d’intimité. De toute façon aujourd’hui on déguerpit de là ! ».

Chéri apparaît sur le seuil de la caravane, n’en croit pas ses yeux embués et encore pleins de sommeil. Le site est désert, plus âme qui vive aux alentours. Nos deux amoureux qui ont plus d’un tour dans leur sac, ont parfaitement réussi leur coup. Ils ont fait fuir tous ces intrus. Sans sommation, sans discussion. Pour eux ce fut un jeu d'organiser un chahut incroyable, tous les soirs et chaque matin en simulations de bagarres en provenance de leur caravane, cris aigus accompagnés de bruits de chaises renversées et de verre cassé. Les vacanciers, horrifiés puis carrément énervés, ont pris la poudre d’escampette.

Riant et tombant dans les bras l’un de l’autre : « On a bien biaisé, maintenant on va pouvoir b….. tranquilles !

 

Ah ces jeunes, j'vous jure...

 

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