Pralinensavoie... et parfois ailleurs

16 janvier 2019

Amour d'été

Dans un de ses billets, ma copine Juju a posé la question  «Qu'avez-vous fait l'année de vos 17 ans, où étiez-vous ? ». J’étais chez moi, au coeur de la France profonde où il ne se passait jamais rien, mais j’ai un souvenir très doux, bien différent de ce que j’ai pu vivre ces années-là…

1969, année de mes 17 ans. Jusque-là je n’avais guère bougé de ma campagne profonde, triste et désertique. L’année précédente, le son du tam tam m’était bien parvenu, annonçant les évènements du joli mois du muguet, mais mon principal souci était de rêvasser au bord de la mare, imaginant mon prince charmant surgir de je ne sais où ! Cet été-là, des amis d’enfance à Maman, établis sur Paris, m’invitèrent à passer les vacances chez eux. Après une forte résistance du côté de mon père, tout heureux quand même de se débarrasser de moi… Paris, me voilà !

Lorsqu’il me fut présenté, je crois bien l’avoir immédiatement ébloui par ma jeunesse, mon style jeune provinciale saine et sportive, sans fard et sans chichis, fougueuse en même temps qu’effarouchée. Ajoutez à cela un zeste d’espièglerie, de longs cheveux ondulés sur un boléro blanc crocheté par ma Mémé, un pantalon à damier pattes d’éléphant sur des jambes fines et musclées… satisfait et admiratif fut le regard qui se posa sur moi. Maître boulanger chez mes amis, il arrivait de sa Bretagne natale. Célibataire, la belle trentaine. Sans quelconque arrière-pensée, mes amis me confièrent à lui pour me faire découvrir la capitale et me distraire à la fête des Loges.

Nos escapades furent tendres et complices. Amicales, du moins au début. Nous aimions nous retrouver et nous raconter nos petites histoires. Petit à petit, je me surpris à l’attendre à la sortie du fournil, j’avais envie de sa main dans la mienne, de son odeur de farine et de pain chaud. Je me sentais en sécurité. Lorsqu’il me disait « tu es belle », je le croyais. Parfois, à trois heures du matin, lorsque je savais qu’il venait prendre son service, je guettais son arrivée derrière le rideau de ma chambre. Il descendait de voiture, levait les yeux dans ma direction, on se faisait un petit signe de la main. Il me disait que ces brefs mais tendres regards échangés lui donnaient du cœur à l’ouvrage. Notre complicité dura deux mois, le temps des vacances scolaires. Quelques jours avant la fin de mon séjour, il souhaita aller un peu plus loin dans notre relation qui n’en était qu’à de petits baisers. Nous étions sur le banc d’un jardin public, il m’enlaça en me disant son désir de moi, son envie de me revoir, sa crainte aussi de choquer la petite fille qu’il voyait encore en moi. Je me mis à pleurer. L’attirance qui nous avait rapprochés nous imposa la douleur du renoncement.  Rien ne paraissait possible entre la petite provinciale et le beau boulanger parisien. Nous rentrâmes main dans la main, silencieux et hébétés. Nous venions de nous réveiller d’un rêve, aussi beau qu’inaccessible.

Les nuits suivantes, les dernières, le rideau de ma chambre resta baissé, je pleurai, recroquevillée dans mon lit. Je refermai ma valise sans y déposer le moindre souvenir de ce bel amour d’été. La gare de Lyon était bruyante et bondée mais j’étais bien seule.

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14 janvier 2019

Déménagement

Les lundis de Lakevio

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Matteo Massagrande

 

Dans ma vie, j’ai très peu déménagé. J’habite dans la même maison depuis quarante-quatre ans ! C’est dire si j’ai entassé du bazar… misère, si je devais déménager aujourd’hui…

J’ai quand même vécu un emménagement festif et heureux… suivi quelques années plus tard d’un déménagement dans la détresse et le chagrin. J’évoque notre petite maison dans la prairie. Notre résidence secondaire, nichée dans la campagne du centre de la France, près de chez mes parents. Maison acquise dans les années quatre-vingt, de plain-pied, entourée de cinq mille mètres carrés de terrain en friche. Des pièces quasiment insalubres que nous avons, au fil du temps, rénovées, agrandies, agencées de façon fonctionnelle, de nos mains de bâtisseurs. Nous avons défriché et paysagé le terrain, planté des fleurs, des arbres et des haies.  La maison du bonheur retentissait du rire et des jeux de nos chérubins, des discussions animées de la famille, des amis, autour de la grande table en bois à l’ombre de l’immense sapin de la cour. Hélas vint le temps du renoncement, la faucheuse, cette garce qui a toujours le dernier mot, m’obligea à me séparer de cette jolie propriété. Famille et amis étaient présents pour effacer toute trace de bonheur, j’ai tant pleuré que je ne serais jamais arrivée à faire face à la situation. J’ai rapidement trouvé un acquéreur et en ce jour de saint Valentin 2003, je me trouvais dans l’étude notariale. Le notaire lisait d’une voix monocorde des articles du code civil, des origines de propriété, des plans d’occupation des sols, des servitudes… que sais-je encore ! Je n’écoutais plus, j’étais loin, je revivais le passé heureux, tout en me demandant si j’arriverai à gérer ma faiblesse et mon incapacité à tenir tête aux épreuves du moment. Puis sortant de ma léthargie, j’ai regardé les deux petits amoureux assis à mes côtés, ils se faisaient un très beau cadeau de saint Valentin. Leurs regards brillaient, le mien aussi mais pour une raison toute différente.

Pardon Maîtresse Lakevio, je suis un peu hors-sujet mais le mot "déménagement" ne peut rien évoquer d'autre pour moi. Mais ne t'inquiète pas, j'ai survécu et tout va bien !

 

 

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06 janvier 2019

La goutte du jour de l'An

On se boit une ch’tite goutte ?

De quoi, allez-vous me dire…

De lait ? D’eau ? Que nenni !

Vous ne trouvez pas. Eh bien, il s’agit d’une petite goutte… de goutte ! (Comment ça j’ai trois grammes ! Même pas vrai !)

Il faut vous dire qu’en Provence que dans ma campagne natale, c’est l’usage quand viennent les chaleurs vient le jour de l’An…

Je recommence car je vais relater le passé, il me faut alors écrire « c’était » l’usage… quoique, cette coutume annuelle est sans doute devenue un banal quotidien. Bref…

Donc, il était d’usage dans mon bourbonnais natal, alors que j’étais toute petite, toute jeunette, toute mignonnette (ah mes braves, ce que l’on devient !), de sillonner la campagne, à vélo ou à cyclo, de ferme en maison, pour souhaiter la bonne année, à la famille, aux voisins ou à de simples connaissances. Et de parcourir les rues du bourg, toquant çà et là aux portes familières.

Et c’est ainsi que l’on se voyait offrir la goutte du jour de l’An (enfin, pas à moi, j’étais trop jeune, on me donnait des bonbons). La goutte, pour tout bourbonnais qui se respecte, ce n’est pas n’importe quel alcool, c’est la bonne gnôle alambiquée à l’entrée de l’hiver. De la prune ou de la poire, ou des fruits mélangés, selon la récolte.

Je me souviens que ma grand-mère ne dérogeait jamais à cette coutume et c’était amusant car elle détestait l’alcool, quel qu’il soit (qui a dit « pas comme sa petite-fille ?"). Pourtant elle aimait attendre ses visiteurs du jour de l’An, fière de son achat pour l’occasion. Evidemment, chez elle, point de cette bonne gnôle (même pas la moindre fiole pour calmer une éventuelle rage de dents).

Des jours voire des semaines auparavant, elle préparait soigneusement la venue du père Janvier. Souvent, c’est ensemble que nous nous rendions à l’épicerie du village acheter cette liqueur à laquelle elle restait fidèle d’année en année : une crème de noisette sirupeuse à souhait et colorée comme un caramel. Ma Mémé était toute heureuse de servir ce nectar dans de tout petits verres décorés de frises dorées. Je crois bien que ces verres n’étaient sortis du placard qu’une fois par an. J’aimais les regarder, mes yeux d’enfant les trouvaient si fins et si fragiles !

Un spectacle annuel, rituel et je m’entends encore oser « Mémé, je peux goûter, juste un petit peu ? » Une toute petite goutte…

Alors, vous trinquez avec moi ? Tchiiiin et bonne année à vous tous ! Bonne santé, que du beau, du bon, du bonheur !

Allez venez, j’ai également invité Parcimonie et Modération.

Voulez-vous que je vienne vous chercher, j’ai à disposition un véhicule « transport en commun », photo ci-dessous. (ben quoi, vous vous attendiez à une Limousine ?!)

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21 décembre 2018

Heureuse fin d'année à tous

Ainsi s’en va l’année 2018, sans que j’aie eu le temps de dire ouf. Le temps passe à une vitesse hallucinante. Dis-moi père Noël, ça existe la machine à arrêter le temps ? Sur une autre planète, dans une autre galaxie ? Je sens que je vais rester sur mes questions.

Pour l’heure, je viens souhaiter à tous mes lecteurs de vivre de belles fêtes de fin d’année. Que la paix soit avec vous (et avec votre esprit).

J’ai une pensée particulière et affectueuse pour les personnes qui souffrent et ont connu une année de tourments et de chagrin.

Je pense beaucoup à mes amies Heure Bleue, Elisabeth, Fabie, Francelyne, au mari de Mab. Premier Noël sans l’être proche et aimé, je sais combien c’est douloureux.

Je pense aussi beaucoup à mes amis qui ont dû affronter la maladie.

Voici le petit poème sans prétention que j’avais composé pour Noël de l’an 2000, c’était mon premier Noël sans Lui. J’avais imprimé ce texte et l’avais déposé devant l'assiette de mes enfants au repas de Noël.

Puisse-t-il donner un peu de courage et de baume au cœur à tous ceux qui en manquent cruellement. Un jour, on sort du tunnel, forcément, et le soleil est là.

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Mon Credo de Noël 2000

Je ne vous le chanterai pas ; mais je vous le dis simplement :

« Que serais-je sans vous qui m’entourez si tendrement ? »…

Une vie bouleversée et des rêves détruits…

Venant me torturer et peupler une si douce nuit…

 

Une vie qui s’en va et me colle au plus bas ?

Un bonheur de 28 ans qui fout le camp sans crier gare

Non, ce n’est pas Dieu, c’est le diable qui se marre

Je me dis qu’il est bien fini le temps des lilas…

Non, la magie de Noël, ce n’est pas du tout ça.

 

Et puis vous voilà, présents à mes côtés,

Tout doux, attentionnés, à m’aider, à m’aimer

La vie est toujours là, j’en ai la leçon à donner

Avec Daniel nous avons aimé autrui,

Dure est l’absence mais jamais ne la fuis.

Je veux continuer ma vie

Toute ma vie pour vous aimer, vous qui êtes là…

La magie de Noël, c’est peut-être bien ça ?

 

Je vous aime – Aline

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17 décembre 2018

Devoir d'écriture, devoir de mémoire

Les lundis de Lakevio

Qui a envie de passer Noël sur une île déserte ou au bout du monde ?

Oui, non, peut-être ?... Pourquoi ?

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Sur une île déserte à l’autre bout de la terre ?! Mais Marco,  tu n’y penses pas, j’espère que tu ne penses pas une seconde ce que tu dis ! Ben voyons, et pourquoi pas sur la Lune ? Et tant qu’on y est, pourquoi pas sur Mars ? Mon pauvre ami… ah ça, pour annoncer de telles énormités, y’a du monde, alors que tu n’es même pas fichu de m’emmener à un concert des Enfoirés… enfoiré toi-même ! Enfoiré de mon coeur, tu as de la chance que je t’aime.

De toute façon, c’est non, no, niet, nein. J’imagine avec terreur, toi et moi, seuls au monde, sans famille, sans cris d’enfants, sans chaleur familiale... im-pen-sable.

Pour moi, Noël, tu le sais, c’est le cocon douillet… Bon, c’est vrai qu’au fil du temps, l’ambiance n’est plus tout à fait la même. La Vie s’est chargée de nous infliger des épreuves… des décès, des séparations, des heurts, des petites fêlures, quelques douloureux non-dits, des mots qui ont du mal à sortir… mais quand même un noyau solide, indestructible malgré tout.

Tu le sais Marco, les meilleurs Noëls qu’il m’ait été donné de vivre, ce sont ceux de nos chérubins. Même avant d'ailleurs,  lorsque je suis entrée dans ta famille italienne au sein de laquelle j’ai trouvé une chaleur inégalée jusqu’alors. De grandes et belles tablées toute en simplicité mais tellement festives, une fraternité exemplaire, des chants et des rires, du parler fort et des grands gestes. Mais attention ! Tout cela, après la messe de Noël ! Cette messe où l’on partait à pied, la neige crissant sous nos pas, dans une ambiance ouatée juste troublée par nos petits cris quand on glissait et manquait de tomber. On se tenait alors le bras en riant. Puis les enfants sont venus agrandir le cercle familial, une fille puis un garçon, écart d’âge treize mois. J’ai alors connu de délicieux Noëls, ceux qui m’avaient manqué dans mon enfance.  Au matin de Noël, à peine le jour levé, nous les entendions, nos deux petits diables, au deuxième étage, ça trottinait à qui mieux mieux,  dans un concert de chuchotements et de rires étouffés. Ils étaient impatients et trouvaient toutes excuses pour descendre au rez-de-chaussée… ils avaient faim, ils avaient soif, le chat miaulait à la porte… Les petits pieds se faisaient alors insistants et débaroulaient l’escalier. Et c’était parti pour un chahut de joyeux désordre de famille réunie.

Je ris encore en repensant à cette anecdote… une semaine avant Noël, j’avais « caché » les cadeaux mais ma petite fouine de fils, qui devait avoir environ six ans,  les avait trouvés. Alors, avec sa complice de sœur, méticuleusement, silencieusement, il avait ouvert un tout petit coin de papier cadeau pour découvrir ce que l’emballage renfermait. Manque de chance super maman veillait et prit le coquin en flagrant délit. Comment garder son sérieux, je n’ai pas su.

Ah que de bons souvenirs. Je vais m’employer à en fabriquer d’autres, tant que je le pourrai. Novembre fut difficile mais vous savez bien « Demain est un autre jour » « Demain il fera beau » « La roue tourne » « Le vent tourne » « Contre vents et marées »…

« Les tempêtes et les neiges emportent les fleurs mais elles ne font pas disparaître les graines »  Khalil Gibran.

 

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10 novembre 2018

Auprès de mon lac...

... je vis très heureuse

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P1170898Mais c'est mon "petit" lac, celui tout près de chez moi, où il n'y a pas de voitures qui vous frôlent et troublent votre silence.

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P1170905Festival d'or et de bleu et de reflets magnifiques

P1170914Au loin, la Chartreuse

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05 novembre 2018

Une longue existence

Les lundis de Lakevio

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Norman Rockwell

Les sourires peuvent cacher bien des choses

ou révéler d'heureux ou surprenants moments...

A quoi (à qui) pense donc Anna ?

A qui  (à quoi) pense donc Edmond ?

 Je suis sûre que vous savez.

Vous partagerez leurs pensées, lundi !

 

Anna a un bon et doux sourire, c’est mon arrière-grand-mère  -du côté de ma maman-, elle regarde gentiment Edmond. Lui, je l’ai très peu connu, à sa mort j’avais environ six ans.

A cet instant où le photographe immortalise leur demi-siècle de mariage, Anna est songeuse, elle retrace un parcours jalonné de bons et mauvais moments… la vie quoi…  leur mariage, la naissance de leurs six enfants, la guerre et ses difficultés, la rude vie campagnarde. Anna l’aime son homme, pourtant qu’est-ce qu’il lui en a fait voir ! Oh pas méchant pour deux sous, juste un peu insouciant, surtout quand il avait bu un canon de trop ! Elle repense notamment à ce fameux retour de foire. Edmond avait vendu toutes les volailles, à un bon prix. Heureux, il avait copieusement fêté l’évènement au bistrot du village. De tournée en tournée avec les uns et les autres, il n’en était pas sorti tout frais l’Edmond ! Incapable de diriger la jument, il s’était écroulé dans le premier fossé en vue. La jument était rentrée seule à la ferme, pas d’Edmond dans la carriole. Anna se souvient de l’inquiétude ressentie et avait finalement retrouvé son Edmond, profondément endormi, ronflant bruyamment  au milieu des ronces et des orties.  Anna resta cependant indulgente malgré quelques coups de canif dans le contrat, comme on dit… c’est qu’il était –et est encore- très bel homme… la Léontine, cette bavarde, avait raconté… tandis qu’Anna s’occupait des enfants, l’Edmond ne s’était pas ennuyé à la foire de la saint Martin où il servait le vin chaud… et puis une autre fois encore, mais Anna ne s’attarde pas sur ces évènements, elle regarde intensément son amour, c’était un bon papa, toujours prêt à enseigner aux enfants la fabrication des paniers d’osier, à les emmener à la cueillette des fruits, à leur apprendre la nature, le respect, la politesse. Ajustant délicatement et tendrement une petite branche de lilas à la boutonnière d’Edmond, Anna sait depuis toujours qu’elle n’aurait jamais épousé meilleur homme.

 

 Edmond regarde tendrement son épouse.

Comme tu es belle, pense-t-il avec l’envie soudaine de la serrer dans ses bras. Tes cheveux ont blanchi mais sont si épais et sentent si bon que j’aime toujours y enfouir mon visage. Je n’ai pas été un mari exemplaire mais à chaque fois tu as su me ramener à toi. Non seulement tu es belle mais tu es forte et courageuse, douce et déterminée. La guerre m’a emporté au loin, d’interminables mois durant et j’ai tremblé pour toi, pour nos enfants, pour notre vie. Toi aussi tu avais la peur au ventre, tu pleurais le soir seule dans le lit lorsque les enfants dormaient. Et tout au long des jours, tu assumais la maison, les enfants, la ferme, sans jamais te plaindre. Les rares lettres que je recevais de toi n’étaient que mots d’amour et d’espérance. Tu me racontais votre difficile quotidien mais sans jamais baisser les bras. Je n’oublierai pas ton acte héroïque de parcourir en vélo le trajet Moulins-Clermont Ferrand pour deux kilos de farine !* Tu es mon héroïne, oui ! Je t’aime comme au premier jour, et même plus encore, mieux encore !

 * L’anecdote est réelle, une de mes tantes a fait ce trajet, dans les conditions déplorables que l’on peut imaginer en période de guerre.

 

 

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29 octobre 2018

Ecole buissonnière

P1170847Ma chère Lakevio, pas de devoir cette semaine encore ! Mais non, je ne t’abandonne pas, ne prends pas cet air dépité, si si je vois bien ta petite mine tristounette. Pas d’inspiration car bien occupée par trois têtes brunes et une tête blonde (ouf, on n’était pas loin de se dire  qu’il y a trop de bruns dans cette famille).

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p1140244 Allez, en consolation, je t’offre –ainsi qu’à tous mes chers fidèles-   quelques clichés de l’automne flamboyant sur l’abbaye de la Grande Chartreuse. Je sais que ces photos te feront grand plaisir. C’était avant les chutes de neige annoncées ces jours-ci.

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15 octobre 2018

Rions sous la pluie

Les lundis de Lakevio

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Dessin de Coby Whitmore

Détournement d'image

Un autre petit jeu : changez l'histoire. Non, elle n'a pas reconnu son mari ou son amant avec une autre. Saurez-vous donner un regard différent sur ce qui paraît évident ?

 Scenari à lire, lundi !

 

Mais qu’est-ce qu’elle a cette bécasse, avec sa voix de crécelle et son rire hystérique ? Et lui, grand dadais, il s'esclaffe tout pareil. Il ferait mieux de s’appliquer à l’abriter un peu mieux ! Ce sera moins drôle et surtout moins glamour quand elle va s'écrouler sur le siège de la voiture, que ses jolis cheveux blonds sur son front ruisselant vont ressembler à une lavette et son élégant tailleur bleu à une serpillère. Même que si ça se trouve, dans la course, elle aura perdu un talon de ses fins escarpins ! Bah je suis bien mieux lotie avec ma gentille Gipsy, au moins je ne serai jamais déçue avec elle… mais quand même ce gars, comme il est craquant ! Jalouse, moi ? Nooooon !

 

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08 octobre 2018

Mémoires d'un Ane

Les lundis de Lakevio

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/.../ Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup ; elle me soignait, me caressait. Quand il faisait mauvais et que nous ne pouvions pas sortir, elle venait me voir dans mon écurie ; elle m'apportait du pain, de l'herbe fraîche, des feuilles de salade, des carottes; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps; elle me parlait, croyant que je ne la comprenais pas; elle me contait ses petits chagrins, quelquefois elle pleurait. /.../

Voici un court texte de quelques lignes. (Vous aurez reconnu Les Mémoires d'un Ane de notre chère Comtesse de Ségur). Le jeu sera d'en doubler le volume à l'aide d'adjectifs, d'adverbes et de propositions relatives ou subjonctives (qui, que, quoi, dont, où, lequel, duquel, avec laquelle, parce que, pour que, depuis que, pendant que, etc...) Rappelez-vous vos cours de grammaire ! Ben, quoi ? C'est la classe, ici !)

Exemple :

1) Un lapin bondissait sur le chemin quand le renard l'aperçut...

2) Un joli lapin roux bondissait sur le chemin, libre et allègre parce qu'il venait de se sauver du clapier de la ferme, quand, par un hasard malencontreux, le renard, qui cherchait depuis longtemps de quoi se mettre sous la dent, de ses yeux perçants l'aperçut...

Lecture des textes gonflés à bloc, lundi.

Oui, je sais, la maîtresse est gonflée !

 

/.../ Ma petite maîtresse m'aimait beaucoup, bien que moi, au début j’étais très méfiant parce qu’elle appartenait aux humains dont j’avais subi une maltraitance injustifiée ; elle s’en était alors aperçu et me soignait délicatement, me caressait avec cette infinie douceur qui, peu à peu, me fit reprendre confiance en l’humain. Quand il faisait mauvais, qu’une petite pluie fine et persistante envahissait le paysage et que nous ne pouvions pas sortir, fidèle et ponctuelle, elle venait me voir dans mon écurie ; comme j’étais encore endormi, elle entrait sans faire de bruit, elle m'apportait du pain, de ce bon pain dont j’étais friand et qui me faisait ouvrir les yeux et frémir les naseaux, de l'herbe fraîche encore toute perlée de la rosée du matin, des feuilles de salade dont regorgeait l’immense potager, des carottes tendres mais croquantes ; elle restait avec moi longtemps, bien longtemps, patiente et attentive pendant que je dégustais le festin qu’elle m’avait apporté ; elle me parlait, parfois doucement puis soudain plus fort, croyant que je ne la comprenais pas ; parce qu’elle n’avait que moi pour confident, elle me contait ses petits et surtout gros chagrins, elle se sentait tellement malheureuse dans ce milieu inconnu et rude où l’assistance publique l’avait placée ; quelquefois elle pleurait, je sentais bien qu’elle avait besoin de moi, de ma douce présence, et je la comprenais fort bien,  alors je posais mes naseaux tout chauds contre sa joue humide. /.../   

 

 

 

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