Pralinensavoie... et parfois ailleurs

16 janvier 2017

Si beau mais si ennuyeux !

Tableau de Belinda del Pesco - Pour le jeu hebdomadaire de Lakevio

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Je m’ennuie, mais qu’est-ce que je m’ennuie ! Qu’est-ce que je fais là ? Mais qu’est-ce que je fais là avec ce bonnet de nuit ? Ça fait des mois et des années qu’il me promet voyages et sorties. Et rien ne se concrétise, il se contente de consulter cet énorme catalogue aux destinations toutes plus belles les unes que les autres. De temps en temps il émet un commentaire “tiens il faudra que je t’emmène ici”… Dans le cadre de son travail, il a parcouru les contrées les plus lointaines et depuis que son entreprise l’a placé sur un poste sédentaire,  je crois bien qu’il ne veut plus bouger d’ici. Alors que moi j’ai la bougeotte, j’aime sortir, voir du monde, échanger, dialoguer, papoter, rire, consoler, aider, organiser, m’extasier... J’ai vraiment l’impression d’être prisonnière, tiens voyez comme il a posé sa jambe sur la mienne, on dirait même qu’il veut m’empêcher de sortir ! Et sa main sur ma cuisse… Oh mais c’est chaud, c’est doux finalement… et si je… ah je vais bien le sortir de ce fichu bouquin… Ce n’est ni en Chine ni en Russie que je vais l’emmener, ce ne sera peut-être pas le Pérou, encore moins le septième ciel…Rideau !

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11 janvier 2017

11 janvier 1975

 

Belle maman avait confectionné ma robe et cousu main des petites roses roses sur l'ensemble de ma robe.

 

P1130309Je m'applique !

P1130311Il observe... ou plutôt admire  !

 

P1130308Eh ben bravo le photographe qui nous coupe déjà la tête alors que l'apéro n'avait même pas encore eu lieu !

 

 

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Il signe, je pince un peu les lèvres en regardant je ne sais plus qui, c’est sans doute pour ne pas laisser éclater ma joie.

 

Serge Lama "Chez moi" (live officiel) | Archive INA

 

 

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09 janvier 2017

Le bus

Le jeu d'écriture de Lakevio reprend, aujourd'hui il s'agit d'écrire un texte à partir de cette photo

Le bus de Dan Volenec

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Non, je ne suis pas triste, pas du tout. Je suis énervée, je n’en peux plus. Cela fait deux heures que l’autocar roule dans la campagne riante et verdoyante, je devrais donc être ravie, heureuse, moi qui aime tant la nature. Qui plus est, je me fais une joie de revivre ce parcours, de faire ce voyage, que dis-je ce pèlerinage. En effet, cela fait quarante-cinq ans jour pour jour que j’aime celui qui allait devenir mon mari. Mon amour, ma tendresse, ma raison d’être et d’exister. Quarante-cinq ans… quel bail ! Je réalise à peine… toutes ces années à s’aimer, à élever nos enfants, à travailler pour eux, pour nous, pour notre bien-être, toutes ces années diluées dans un bonheur parsemé de chagrins aussi. Ma fille qui naît alors que ma mémé adorée meurt. La dualité mais l’envie folle de se relever. Je rêve, ai la gorge serrée un instant puis un sourire naît sur mes lèvres tandis que l’autocar arrive à la frontière franco-italienne. Je vais enfin connaître cette famille volubile et bruyante, accueillante et aimante, enfin déguster un véritable minestrone et me gaver de pâtes roulées le matin même par zia Bruna qui m’avait serrée dans ses bras, à m’en étouffer, le mois dernier. Je suis dans mes douces rêveries de jeune fille amoureuse souriant largement à la vie,  quand tout à coup une femme s’installe à mes côtés, sans délicatesse et m’apostrophant sans délai. Et la voilà qui me dit d’où elle vient, où elle va, qui elle va voir, pourquoi elle y va… et je vous assure que c’est du lourd ! Je me renfrogne, essaie de m’isoler dans ma bulle, mais c’est impossible, nous voilà maintenant dans le registre du mari qu’elle ne supporte plus, que la guerre est déclarée entre eux et que ça va barder sous peu… et voilà mon voyage qui pourrait bien être gâché… Mais non, je vais changer de siège, je veux revivre mes moments heureux de jeune amoureuse, je ne veux pas que ce genre de mégère m’en prive, c’est si bon les souvenirs, ceux-là même qui m’aident à continuer la route sans Lui.

 

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03 janvier 2017

Praline s'en va-t-en ville

Ce matin dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne, en me réveillant je me suis dit chouette je vais à Chambéry passer la journée avec ma marraine. Elle a quitté sa montagne pour passer l’hiver dans la capitale savoyarde. Je me fais belle, enfin j’essaie, je prépare un grand sac avec les cadeaux de Noël que je n’avais pas encore pu lui offrir. Un beau livre historique « Chambéry 1944 » (oui je sais ce n’est pas très gai), deux pots de confiture d’abricot de l’année et deux belles tranches de cake salé sorti du four la veille au soir. Et me voilà partie à la gare, légère et court vêtue, gaie comme un pinson. Dans le hall de la gare, je lève les yeux vers l’écran des départs… train supprimé… mon sourire se fige, mon optimisme retombe comme un soufflé. La dame du guichet m’apprend qu’un train est en panne sur la voie, ok c’est désolant pour les voyageurs de ce train mais moi je fais quoi, y a-t-il un autocar pour remplacer ? Même pas. Mais il y a mieux, nous sommes deux voyageurs pour Chambéry, alors la gentille dame du guichet nous commande un taxi ! Je n’en reviens pas (ben non puisque je vais partir !). Le sourire renaît entre mes joues rebondies, le taxi est confortable, le taximan charmant, l’autre voyageur aussi, la vie est quand même belle ! On a discuté à bâtons rompus pendant tout le trajet, tiens je serais bien allée jusqu’à Albertville et pourquoi pas Milan ! Bon mais la marraine m’attend, d’autant plus impatiemment que je suis arrivée légèrement en retard (trois quarts d’heure quand même !) La journée fut belle, douce, sereine. Mais voilà que sonne le moment du retour, mon train sera-t-il au rendez-vous ? Vous savez bien (ou pas) avec la senecefe faut s’attendre à tout des complications. J’arrive à la gare de Chambéry et consulte l’écran des départs. Mon train n’est pas affiché, il est un peu tôt. Je veux en avoir le cœur net et pars à la recherche du renseignement… guichet d’accueil fermé… sur le quai pas la moindre casquette d’un agent. Je vais, je viens, je vire. Je dois avoir l’air d’une folle avec mon cabas à la « petit chaperon rouge », mais non le loup ne me guette pas ! D’abord, le loup il ne mange même pas les petites filles, alors une vieille coriace comme moi… Je sais qu’il y a un autocar dans quelques minutes pour me ramener dans ma paisible campagne,  je sors de la gare, ledit autocar arrive, je demande au chauffeur s’il vient chez moi (enfin… dans ma commune hein !), c’est ok, je grimpe, tout est bien qui finit bien. Je me revois et ça me fait bien rire. Ah mais quand même, je vous le dis, retraitée n’est pas un métier facile !

ALAIN-ARLETTE 007 (2)

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30 décembre 2016

2016 s'achève, vive 2017 !

Un Noël de plus, un Noël de moins. Ne songez surtout pas optimisme ou pessimisme, nulle comparaison avec le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. C’est la simple réalité, nous avons vécu un Noël de plus dans notre vie et avons un Noël de moins à vivre dans notre vie…comment ça, elle nous sort une lapalissade la Praline ? Que nenni, c’est juste pour dire au revoir hier, bonjour demain ! Aurais-je vécu un mauvais Noël, non pas du tout, veillée et lendemain furent festifs, bruyants, fraternels, chaleureux. Je me sens un peu lasse de tout ce remue-ménage mais ravie et tranquille dans ma tête. J’ai reçu les cadeaux les plus précieux qui soient : des compliments, des sourires, des bisous. Le plus onéreux des cadeaux, enrubanné argenté-doré serait fade sans la présence affectueuse de ma tribu, sans mains à caresser, sans joues à bisous, sans mots d’amour pénétrant jusqu’au fond de mon cœur. Nous voici donc dans les derniers jours de 2016. Je n’ai pas pour habitude de dresser le bilan d’une année qui s’achève. J’ai appris à ne plus trop regarder en arrière, à ne pas ressasser le passé sauf pour y piocher les éléments positifs qui me porteront demain. S’il m’arrive de me retourner ce n’est pas forcément en janvier, je peux le faire, par nécessité, à n’importe quel moment de l’année. Je ne me plains pas de ma vie, je ne suis pas envieuse de qui ou quoi que ce soit, oh je ne suis pas toujours sereine, pas toujours en forme mais cela ne donne pas matière à gémir et je veille à ne pas transformer mes manques en besoins. Les manques… bien sûr que j’en ai, je pense surtout à mon mari et à ma maman, ils ont tant marqué ma vie, on s’est tant aimés, comment ne me manqueraient-ils pas ? Passé l’infernal temps du deuil, quand lentement je suis remontée du trou profond dans lequel j’étais tombée, j’ai retrouvé la saveur de revivre. Maintenant ils sont là, au chaud dans mon cœur et m’aident, maman avait un optimisme sans faille et mon mari aimait me voir sourire et rire. Je suis heureuse. Car je le veux et m’y applique. Comme pour tout un chacun, le temps passe… ou plutôt c’est nous qui passons ! Hier ne se revivra pas. L’instant présent non plus. Quand on réalise pleinement cela, on a la clé du bonheur ! Je trouve chaque jour un petit truc qui me rend heureuse, qui me fait me sentir en vie, qui me fait aimer la vie, qui me fait dire que s’il était à refaire je referais ce chemin. Je n’ai pas grande exigence de la vie, ah si, une seule : qu’elle continue à me gâter comme en ce moment. C’est déjà beaucoup. A vous toutes et tous, amis blogueurs, à vos êtres chers aussi, je souhaite une très belle année 2017, qu’elle vous garde en santé morale et physique.

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Le soleil est toujours là, derrière les nuages.

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21 décembre 2016

Mon credo

Noël, voici venir Noël ! Que l’on soit croyant ou non, l’espérance est en chemin. Un sauveur nous est donné pour les uns, les jours rallongent pour les autres.

Quoi qu’il en soit, l’espérance devrait toujours nous habiter. Je plains celui qui n’a pas l’espoir chevillé au cœur.

A quelques jours de Noël, j’ai envie de partager avec vous mon « credo de l’an 2000 ». Ces quelques mots m’étaient venus spontanément alors que j’étais encore dans la tourmente. L’amour de ma vie était mort en ce beau printemps 2000. Je savais que j’allais me relever car je le désirais, pour lui, pour moi, pour ceux que j’aime.

A toutes et tous, un joyeux Noël, une belle fin d’année. Aimez-vous les uns les autres et soyez heureux.

 

Mon Credo de Noël 2000

 Je ne vous le chanterai pas ; mais vous le dis simplement :

« Que serais-je sans vous qui m’entourez tendrement ? »…

Une vie bouleversée et des rêves détruits…

Venant me torturer et peupler la douce nuit…

 

Une vie qui s’en va et me colle au plus bas ?

Un bonheur de 28 ans qui fout le camp sans crier gare

Non, ce n’est pas Dieu, c’est le diable qui se marre

Je me dis qu’il est bien fini le temps des lilas…

Non, la magie de Noël, ce n’est pas du tout ça.

 

Et puis vous voilà, présents à mes côtés,

Tout doux, attentionnés, à m’aider, à m’aimer

La vie est toujours là, j’en ai la leçon à donner

Avec Daniel nous avons aimé autrui,

Dure est l’absence mais jamais ne la fuis.

Je veux continuer ma vie

Toute ma vie pour vous aimer, vous qui êtes là…

La magie de Noël, c’est peut-être bien ça ?

 

Je vous aime – Aline

 

Barbara - Joyeux Noël (Officiel) [Live Version]

P1100132Le Galibier - Valloire,  janvier 2016

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19 décembre 2016

Lettre à Elise...Zabeth

Pour le jeu hebdomadaire de Lakevio

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Détail du tableau Eurypyle de John William Godward

Bonjour ma chère Elisabeth, ah si vous saviez ce qu’il m’arrive ! Mais non, vous ne pouvez pas savoir, c’est tout récent et n’ai pas encore trouvé le temps de vous l’écrire. Le temps, le temps ! Je manque tout le temps de temps ! Bon, alors là, je me suis levée à l’aube, et je prends un petit temps, temps tant que mon petit-fils dort et ne squatte pas mon clavier. Dehors il s’est mis à neiger, les flocons voltigent avec légèreté dans le lampadaire, j’aime contempler l’hiver qui se déclare. Mais allons, j’arrête de rêver je vais encore me laisser envahir par le temps ! Bien… que disais-je ? Ah oui, il m’est arrivé une petite aventure, oh toute petite, rassurez-vous chère amie ! Et soyez tranquille aussi, je vais vous raconter ça en quelques lignes, vous savez bien… je manque de temps !  Figurez-vous que la semaine dernière, je suis allée au théâtre. Toute seule, personne n’a voulu ou pu m’accompagner, ce n’est pas grave, je suis grande, non ? La pièce était charmante, les acteurs époustouflants. Et puis vous savez bien, je suis bon public, si c’est drôle je ris, si c’est triste je pleure. Là c’était tendre et rigolo en même temps. Alors je riais et pleurais simultanément. Bien sûr, vous imaginez que je sais être discrète, ce n’était donc pas un rire à gorge déployée ni les grandes eaux de Versailles, mais un comportement suffisant pour attirer les regards… enfin, un regard. Me sentant observée, je tourne la tête vers la gauche et je vois un monsieur qui me regarde avec intensité. Peureuse comme vous me connaissez, j’ai cru qu’il lorgnait mon collier. Ce beau bijou me rend  complètement parano, j’y tiens énormément, c’est celui que ma tante Berthe a eu pour ses vingt ans, elle en a maintenant quatre-vingt-dix ! J’essaie alors de me faire oublier tout en regardant mon voisin du coin de l’œil. Ah mais c’est qu’il n’est pas moche du tout le voisin, héhé je me sens un peu moins sauvage. L’habit ferait-il le moine ? Peu importe, ce n’est pas le moment de se torturer le ciboulot avec ce genre de question. Il doit avoir à peu près mon âge, j’aime bien le genre, un peu de Pierre Arditi dans le regard coquin et brillant. Oui ma chère, j’aime bien Pierre Arditi, même si ma copine Patoune dit qu’il joue parfois comme une patate. Je me suis finalement ressaisie et ai reporté toute mon attention sur la pièce. A la fin, tonnerre d’applaudissements, je sens soudain un frôlement sur mes genoux. Une petite carte de visite y est déposée. J’entends murmurer «Si vous le souhaitez, appelez-moi ». Je ne sais que décider, peut-être aurez-vous un conseil à me donner ? Rien ne presse, je sais que vous êtes très occupée, laine, colle et ciseaux, pâtisserie et confiserie occupent vos journées, c’est que vous en avez du monde à gâter ! Pour moi également, s’annonce une semaine folle folle folle ! Alors le sosie d’Arditi je l’oublie… pour le moment ! Et puis alors, le devoir de Lakevio ! Misère je culpabilise, je n’ai pas une minute à y consacrer. Bon, je vous quitte pour ce jour, je vais voir s’il neige toujours, c’est beau de voir tomber la neige, j’y passerais ma journée ! Mais non, j’ai à faire ! Je vous embrasse bien affectueusement et vous souhaite un très joyeux Noël, entourée de vos précieux.

 

 

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12 décembre 2016

Conte de Noël

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Aquarelle de Jasmine Huang, proposée par Lakevio

Ce n’est pas très correct mais tant pis, j’ose m’approcher de la fenêtre. Après tout je ne risque pas grand-chose puisque je n’ai rien à perdre. Je suis dans la rue, je dors dans la rue, je mange dans la rue, je marche dans la rue. Sans but et sans espoir. Et pourtant sans colère. J’ai enfin échappé à la violence de mon compagnon. Un soir où, comme à son habitude il avait trop bu, il m’a violemment projetée sur le trottoir après m’avoir insultée et frappée. Certainement persuadé que j’allais revenir après quelques errances dans le froid mordant de décembre. J’en sourirais presque… le froid et l’inconfort sont plus doux que les humiliations et les coups portés à mon corps meurtri. Je me suis retrouvée avec d’autres compagnons de misère, à tendre la main pour un minimum de nourriture indispensable à ma survie. En attendant… en attendant quoi ? Je ne sais au juste mais je veux m’en sortir. Je suis jeune, ma vie est à construire, j’en ai l’immense volonté et le profond désir.

Dans le quartier où je traîne souvent, j’ai remarqué cette fenêtre derrière laquelle il m’arrive d’entrevoir la silhouette d’un vieux monsieur. Il m’intrigue, je me surprends à l'observer. Il ne sort que le lundi. C’est le marché dans le quartier. Ce jour-là, il semblerait qu’il fasse des provisions pour toute la semaine. Il revient chez lui les bras chargés de paquets. Le pas hésitant, le souffle court.  Il n’oublie pourtant jamais de passer chez la fleuriste. Un peu de douceur et quelques brins de bonheur, le visage de ce brave homme paraît si triste, si las.  

J’ai beau m’approcher discrètement, le vieil homme m’aperçoit et ouvre sa fenêtre. Il me fixe de son beau regard clair qui aussitôt s’embue. Mal contenue, une larme glisse sur sa joue. Il se raconte… Dit que je lui rappelle sa petite fille morte des suites d'une maladie grave. Il me demande si je veux bien entrer à son service, les années commencent à peser sur sa santé fragile. Une porte vient de s’ouvrir sur la chaleur, l’amitié et l’affection dont nous avons tant besoin tous les deux. Il est ma bouée de sauvetage, je suis sa main tendue.

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05 décembre 2016

Farniente ? ou pas...

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Tableau  de Edward Hopper - People in the sun - Proposé par Lakevio

 

Ils sont là, sur des transats, corps exposés au chaud soleil de juin. Les montagnes se découpent sur l’azur du ciel, la vie semble douce. Martine a coiffé un chapeau à larges bords, Catherine est restée tête nue. Elles sont silencieuses, tout comme Marc et Gilbert, quant à Jacques il a préféré se plonger dans la lecture d’un polar. Tenter de se distraire, d’oublier, au moins ne plus ressasser…

Martine et Catherine sont sans doute envahies de pensées identiques. Deux sœurs très différentes et pourtant si proches. La blonde et la brune. La timide et la fougueuse. Toutes les deux à la tête d’une entreprise de linge de maison, trop longtemps abandonnée mais de nouveau prospère. Héritage du papa. Mort d’une maladie pulmonaire infectieuse qui l'a tenu cloué au lit de longs mois durant.

Une vie de jeunes femmes libres mais de labeur aussi, diriger une entreprise n’est pas toujours aisé. Heureusement le personnel dans son ensemble est courageux et ne ménage pas sa peine. Il faut dire qu’après la longue guerre, le travail ne manque pas. L’enthousiasme est revenu au milieu du crépitement incessant et bruyant des machines dont Jacques assure la maintenance.

Marc et Gilbert, deux hommes secrets dont on ne sait d’où ils viennent ni comment est leur vie. Ils  ne parlent pas, ou peu. Ils sont ailleurs.

Qu’importe, ces jeunes gens ont sympathisé dans le silence de leur cœur. Leur présence ici, que la majesté des sommets devrait rendre heureux, est si douloureuse... Les mots sont dérisoires. Nous sommes en l’an mil neuf cent vingt-six, au sanatorium du plateau d’Assy en Haute Savoie.

 

 

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30 novembre 2016

Un beau dimanche d'automne

P1130131La Drôme provençale sous le soleil d'automne, ça change de la lavande mais c'est pas mal du tout.

P1130133Je dirai même que c'est très beau.

P1130134De la douceur, de belles couleurs, des pierres dorées.

P1130168Un chat paisible dans un petit village désert.

P1130151Au loin les montagnes enneigées du Queyras.

P1130141Je n'ai pas trouvé Antoine !

P1130169Le soleil décline à l'horizon et flamboie sur les sommets.

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