Pralinensavoie... et parfois ailleurs

28 février 2017

Route de neige

Route de neige t- Andrew Wyeth - Proposé par Lakevio

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Paul a promis un amour inaltérable, leur romance durera jusqu’à ce que la mort ose les séparer. Tiens, d’ailleurs ils choisiront de mourir en même temps, main dans la main, cœur contre cœur.

Amélie est une jeune fille de bonne famille comme on dit dans le village. Mais naïve, confiante, tellement bien élevée et incapable de mentir, de cacher ou de détourner le moindre sentiment. Et si pure avec ça !

Paul a bien cerné sa proie. Il l’a tout de suite repérée à la messe du dimanche lorsqu’il est venu voir sa vieille tante Berthe dans ce village paumé de Haute-Savoie. Il va s’amuser follement avec cette petite oie blanche. Et tellement jolie en plus !

Toutes les belles promesses débitées, agrémentées d’un physique parfait de ce sale bougre,  ont eu raison de la bonne éducation d’Amélie. En cachette de ses parents elle le rejoint tous les soirs au bord du petit lac. Un lieu romantique à souhait que la voie lactée et les milliards d’étoiles éclairent doucement.

Mais un soir d’automne, alors que les feuilles jonchent le sol et que le vent agite l’eau de façon inquiétante… le lieu romantique devient lugubre et prend des airs de tempête. Le téléphone de Paul ne cesse de sonner. Excédé il finit par décrocher. Sa femme est si furieuse et parle si fort qu’Amélie peut aisément comprendre. Son beau rêve s’écroule. Demandes de pardon, tentatives d’explication n’apaisent la jeune fille. Elle s’enfuit…

Quelques mois plus tard…

La neige a recouvert le paysage. Amélie tourne le dos à sa vie ratée. Les pleurs et les supplications de ses parents n’y font rien. Elle marche des heures durant. Avec pour seul bagage son sac contenant la précieuse adresse et le courrier de la mère supérieure. L’imposant bâtiment est enfin en vue. Amélie est épuisée. Dans quelques heures, Amélie n’existera plus, ses longs cheveux blonds seront rasés. Elle s’appellera sœur Marie-Madeleine.

 

 

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20 février 2017

Au bal

 Charles W. Hawthorne - Trois femmes de Provincetown, proposé par Lakevio

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La belle Léonie, pour fêter ses dix-huit ans a supplié sa mère de lui permettre d'aller au bal de la classe. Demande quasiment vouée à l’échec en ces années d’après-guerre de laisser une fille sortir toute seule. Qui plus est, Léonie a une maman très sévère, surtout depuis que le papa est mort au champ de bataille. Sévère et tellement stricte ! Les sorties se limitent à une balade pédestre le dimanche après-midi, faisant suite à la messe du matin. Ouille, se dit Léonie, si ça continue je vais finir vieille fille, coûte que coûte je veux aller à ce bal. Toutes ses amies y vont, vêtues pour l’occasion de robe et chaussures neuves. Il faut parlementer, argumenter, supplier. La maman résiste, hésite puis finit par acquiescer mais à une condition, celle d’accompagner la jeune fille. C’est ainsi que notre jolie Léonie se retrouve encadrée par sa mère, sa grand-mère et sa tante. Eh bien, se dit-elle, avec ces trois regards perçants, si je me fais kidnapper… !

La fête bat son plein sous le parquet qui occupe toute la place de l’église. L’orchestre joue sans arrêt, passant de la valse à la polka, du tango à la mazurka. Filles et garçons sont joyeux et rieurs, les yeux brillent et les éclats de rire domineraient presque le son tantôt plaintif tantôt endiablé de l’accordéon.

Léonie, joliment vêtue d’une longue jupe marine et blanche et d’un chemisier blanc à col Claudine, s’amuse follement. Souple et légère, elle danse divinement. Sa jupe virevolte, laissant apparaître son blanc jupon.

Elle n’a pas un regard du côté de sa mère et n’entend pas les dialogues des trois femmes.

-      Hé Marguerite, regarde la Julie comment qu’elle est attifée, on dirait une moins que rien, ah si son pauvre père la voyait…

-      Oh ben oui alors, renchérit Simone, elle a même mis du noir sur ses yeux, Jésus Marie Joseph, mais où don’ qu’on va !

-      Et la Marinette qui fait du plat au trompettiste, sous les yeux de son mari, quelle dévergondée ! faut dire que le pauvre vieux, depuis son retour de la guerre et avec sa jambe de bois, doit pu être trop vif !

-      Ah mais regardez voir là, intervient Thérèse, c’est t’y pas l’Jeannot qu’est en train de chercher la bagarre !

-      Ben pardi, l’a encore trop bu et y’a sûrement une histoire de fille là d’sous !

-      Tiens et voilà la Jeanine qui va s’en mêler, alors celle-là aussi on dirait une fille de la rue, perchée sur ses talons aiguille.

 -      Ça va s’gâter sous peu, où qu’elle est not’ Léonie ?

 -      Va savoir… ah si, elle est là-bas au fond du bal, le Pierrot est en train de lui causer tout près d’sa bouche ! Oh mais c’est qu’il est en train d’la bicher !

 -      Marguerite, va la chercher ta fille, on s’en va illico ! c’est dieu pas possible c’te jeunesse, les filles c’est toutes des traînées, les gars c’est des soulots et des saligauds !

Léonie est bien obligée de suivre ses gardiennes. Mais elle a le sourire aux lèvres, demain après-midi Pierrot viendra chez elle et demandera la main de la jeune fille. Et si c’est non, eh bien il la kidnappera !

Bon ok, mon histoire est un peu cul-cul… la praline quoi ! En tout cas je me suis amusée et en ce moment j’en ai grand besoin. Et puis je vous assure, un peu d’exagération mise à part, ça se passait comme ça dans les bals il y a… quelques années. En ce qui me concerne, pour mon bal des dix-huit ans, j’ai fait le mur… avec l’autorisation maternelle. Je voyais bien les mères faire tapisserie et garder l’œil sur leurs filles !

 

 

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13 février 2017

Une vie de chien

Jeu d'écriture proposé par Lakevio, tableau de Barbara J.C. Musch

 lakevio

Quand je vois ces deux adorables chiots, je ne peux m’empêcher de penser aux animaux qui ont accompagné mon existence. Depuis toute petite. Chiens, chats, et même des cochons d’Inde. Compagnons de jeux, de tendresse permanente et de consolation aux jours sombres. Ces bonnes petites têtes de bébés chiens m’évoquent surtout ma dernière chienne. Une jolie beagle porcelaine, mais attention…  petit modèle, car il en existe deux tailles, M et XL !

Notre petite Bambi venait de mourir et nous nous disions tristement que c’était terminé, nous n’en reprendrions plus. Sauf que… là-bas, dans la France profonde de mon enfance, un abruti maltraitait sa petite chienne. Elle n’avait que trois mois et comme chacun sait, un bébé chien, avant qu’il ne soit éduqué,  fait des pipis un peu partout à toute heure du jour et de la nuit. Alors l’abruti la corrigeait, la frappait avec une tige en  ferraille ; et pour la punir encore plus, la faisait dormir en plein décembre dans une carcasse de veille voiture au fond de la cour. A plusieurs reprises, mon beau-frère passant par-là, s’aperçut de ces sévices et menaça l’abruti, soit d’appeler les gendarmes, soit de récupérer la petite chienne pour l’offrir à sa belle-sœur préférée (c’est bibi !) L’abruti dit « ok emmène-là cette carne » ! Toute la famille y mit du sien pour nous convaincre d’adopter cette petite boule blanche et marron clair, que je n’avais jamais vue. Au téléphone, Maman me disait qu’elle était adorable, attachante et belle, mais belle !  Je souriais, Maman aimait tellement les animaux que le plus moche des plus moches était toujours magnifiquement beau à ses yeux. Nous nous sommes laissé convaincre. C’est ainsi que par une froide journée de février, ma nièce débarqua dans notre humble demeure avec la petite boule blanche et marron clair dans un sac de voyage. Elles étaient venues en train et je n’ai jamais su s’il y avait eu des pipis cacas pour parfumer le wagon. A leur arrivée, je n’étais pas là, je participais à une animation au sein de la structure où je travaillais. Lorsque je suis rentrée vers vingt heures, j’ai ouvert la porte, la petite boule blanche et marron clair s’est précipitée vers moi, s’est quasiment jetée dans mes bras et a niché sa tête au creux de mon épaule. J’en aurais pleuré tellement je l’ai trouvée belle et attachante. Un quart d’heure après, alors que mon mari avait préparé une jolie table pour quelques invités, la petite boule blanche et marron clair a sauté sur une chaise et a raflé deux tranches de jambon sur le plat destiné à la raclette. Nous n’avons pas osé la gronder. Nous l’avons appelée Laïka, mais je peux vous dire qu’elle fut plus heureuse que celle du même nom envoyée dans l’espace par les soviétiques.

 

 

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30 janvier 2017

A l'encre de tes yeux

Jeu d'écriture de Lakevio  - Daniel Maidman - Rachel, au café.

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En ce trente janvier, je n’ai pas su écrire de texte pour illustrer le magnifique portrait proposé par Lakevio. Pas envie, pas le cœur à réfléchir, imaginer, construire. Manque de punch. Cela fait quatre ans aujourd’hui que ma Maman chérie est morte. C’est tellement dur de vivre sans elle, de ne plus pouvoir lui confier, échanger, rire. J’en aurais pourtant bien besoin… Même (et surtout) adultes, les mômes c’est pas de tout repos…

 

Pourtant, en regardant le portrait de cette jeune fille, je me dis que c’est comme un hommage à Maman. Elle avait ces yeux-là ma chère Maman. Un très beau bleu, limpide, perçant et néanmoins si doux. Sévère de temps en temps, rieur souvent. J’ai parfois regretté de ne pas avoir reçu de tels yeux. Les rares photos que je possède d’elle lorsqu’elle était jeune montrent une belle femme aux cheveux bruns, elle aurait pu les teindre en roux mais à cette époque je pense que l’on restait naturelle.

 

Je n’ai plus l’épaule que j’ai baignée de mes larmes aux soirs de tourmente, mais finalement je me dis que la mort épargne Maman de toutes les souffrances, de tous les chagrins présents et à venir, que ce soit dans la famille ou dans le monde. Pourtant, optimiste et battante comme elle l’était, elle m’aurait, en cet instant remonté le moral.

 

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23 janvier 2017

Souvenirs de janvier

Paul Rafferty-Hydrangeas - Contre-Jour - Jeu d'écriture proposé par Lakevio

lakevio

Ce matin la fleuriste m'a apporté un bouquet de roses odorantes. Une carte de visite y est jointe. J’ai tout de suite reconnu l’écriture de Pierrot, mon ami d’enfance. Nous avons usé nos fonds de culotte sur les mêmes bancs à l’école du village. Il y a… Oh, bien soixante-dix ans ! Que la vie passe donc vite… Je me sens tout à coup vieille, usée par le travail et les chagrins. Je dispose les fleurs dans un joli vase et le pose sur la petite table du salon. Installée dans mon fauteuil préféré, je découvre les mots de Pierrot, il m’annonce sa visite, on dégustera, dit-il, une galette des rois et on se souhaitera la bonne année.

Les rituels, les mêmes depuis des décennies. Je souris mélancoliquement en revivant la coutume du jour de l’an… Il était d’usage, dans mon Bourbonnais natal, de sillonner la campagne, à vélo ou à pied, de ferme en maison, pour souhaiter la bonne année à la famille et aux voisins. Et de gambader dans les rues du bourg, toquant çà et là aux portes familières. C’est ainsi que l’on buvait la « goutte du jour de l’an ». Oh pas moi bien sûr, j’accompagnais les grands, moi je récoltais un biscuit, un petit sou… ou rien du tout ! La goutte, pour tout campagnard qui se respecte, ce n’est pas n’importe quel alcool. C’est la bonne gnôle tirée de l’alambic à l’entrée de l’hiver. De la prune ou de la poire, ou des fruits mélangés, selon la récolte. Ma mémé ne dérogeait jamais à cette coutume et c’était très étonnant car elle détestait l’alcool, quel qu’il soit. Elle aimait pourtant attendre ses visiteurs du jour de l’an mais chez elle point de cette bonne gnôle. Ainsi, des jours voire des semaines auparavant, elle préparait soigneusement la fête du père janvier. Je l’accompagnais à l’épicerie du village pour acheter la liqueur à laquelle elle restait fidèle d’année en année : une crème de noisette délicieusement sirupeuse et colorée comme un caramel. Et chaque premier janvier, ma mémé sortait du fin fond du placard des petits verres aux dorures finement ciselées. Je crois bien que ces verres ne voyaient la lumière du jour qu’une fois par an !  J’aimais les regarder, mes yeux d’enfant les trouvaient si fins et si fragiles ! Je m’entends encore oser « Mémé, je peux goûter, juste un petit peu… une toute petite goutte » !

La sonnette de la porte d’entrée me tire de mes rêveries. Mon fidèle Pierrot est là, mon frangin, mon poteau, mon copain qui tient chaud… Je me blottis dans ses bras et l’embrasse, plus émue que d’habitude… les souvenirs ça vous remue parfois tellement fort…

 

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16 janvier 2017

Si beau mais si ennuyeux !

Tableau de Belinda del Pesco - Pour le jeu hebdomadaire de Lakevio

lakevio

Je m’ennuie, mais qu’est-ce que je m’ennuie ! Qu’est-ce que je fais là ? Mais qu’est-ce que je fais là avec ce bonnet de nuit ? Ça fait des mois et des années qu’il me promet voyages et sorties. Et rien ne se concrétise, il se contente de consulter cet énorme catalogue aux destinations toutes plus belles les unes que les autres. De temps en temps il émet un commentaire “tiens il faudra que je t’emmène ici”… Dans le cadre de son travail, il a parcouru les contrées les plus lointaines et depuis que son entreprise l’a placé sur un poste sédentaire,  je crois bien qu’il ne veut plus bouger d’ici. Alors que moi j’ai la bougeotte, j’aime sortir, voir du monde, échanger, dialoguer, papoter, rire, consoler, aider, organiser, m’extasier... J’ai vraiment l’impression d’être prisonnière, tiens voyez comme il a posé sa jambe sur la mienne, on dirait même qu’il veut m’empêcher de sortir ! Et sa main sur ma cuisse… Oh mais c’est chaud, c’est doux finalement… et si je… ah je vais bien le sortir de ce fichu bouquin… Ce n’est ni en Chine ni en Russie que je vais l’emmener, ce ne sera peut-être pas le Pérou, encore moins le septième ciel…Rideau !

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11 janvier 2017

11 janvier 1975

 

Belle maman avait confectionné ma robe et cousu main des petites roses roses sur l'ensemble de ma robe.

 

P1130309Je m'applique !

P1130311Il observe... ou plutôt admire  !

 

P1130308Eh ben bravo le photographe qui nous coupe déjà la tête alors que l'apéro n'avait même pas encore eu lieu !

 

 

P1130307

Il signe, je pince un peu les lèvres en regardant je ne sais plus qui, c’est sans doute pour ne pas laisser éclater ma joie.

 

Serge Lama "Chez moi" (live officiel) | Archive INA

 

 

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09 janvier 2017

Le bus

Le jeu d'écriture de Lakevio reprend, aujourd'hui il s'agit d'écrire un texte à partir de cette photo

Le bus de Dan Volenec

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Non, je ne suis pas triste, pas du tout. Je suis énervée, je n’en peux plus. Cela fait deux heures que l’autocar roule dans la campagne riante et verdoyante, je devrais donc être ravie, heureuse, moi qui aime tant la nature. Qui plus est, je me fais une joie de revivre ce parcours, de faire ce voyage, que dis-je ce pèlerinage. En effet, cela fait quarante-cinq ans jour pour jour que j’aime celui qui allait devenir mon mari. Mon amour, ma tendresse, ma raison d’être et d’exister. Quarante-cinq ans… quel bail ! Je réalise à peine… toutes ces années à s’aimer, à élever nos enfants, à travailler pour eux, pour nous, pour notre bien-être, toutes ces années diluées dans un bonheur parsemé de chagrins aussi. Ma fille qui naît alors que ma mémé adorée meurt. La dualité mais l’envie folle de se relever. Je rêve, ai la gorge serrée un instant puis un sourire naît sur mes lèvres tandis que l’autocar arrive à la frontière franco-italienne. Je vais enfin connaître cette famille volubile et bruyante, accueillante et aimante, enfin déguster un véritable minestrone et me gaver de pâtes roulées le matin même par zia Bruna qui m’avait serrée dans ses bras, à m’en étouffer, le mois dernier. Je suis dans mes douces rêveries de jeune fille amoureuse souriant largement à la vie,  quand tout à coup une femme s’installe à mes côtés, sans délicatesse et m’apostrophant sans délai. Et la voilà qui me dit d’où elle vient, où elle va, qui elle va voir, pourquoi elle y va… et je vous assure que c’est du lourd ! Je me renfrogne, essaie de m’isoler dans ma bulle, mais c’est impossible, nous voilà maintenant dans le registre du mari qu’elle ne supporte plus, que la guerre est déclarée entre eux et que ça va barder sous peu… et voilà mon voyage qui pourrait bien être gâché… Mais non, je vais changer de siège, je veux revivre mes moments heureux de jeune amoureuse, je ne veux pas que ce genre de mégère m’en prive, c’est si bon les souvenirs, ceux-là même qui m’aident à continuer la route sans Lui.

 

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03 janvier 2017

Praline s'en va-t-en ville

Ce matin dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne, en me réveillant je me suis dit chouette je vais à Chambéry passer la journée avec ma marraine. Elle a quitté sa montagne pour passer l’hiver dans la capitale savoyarde. Je me fais belle, enfin j’essaie, je prépare un grand sac avec les cadeaux de Noël que je n’avais pas encore pu lui offrir. Un beau livre historique « Chambéry 1944 » (oui je sais ce n’est pas très gai), deux pots de confiture d’abricot de l’année et deux belles tranches de cake salé sorti du four la veille au soir. Et me voilà partie à la gare, légère et court vêtue, gaie comme un pinson. Dans le hall de la gare, je lève les yeux vers l’écran des départs… train supprimé… mon sourire se fige, mon optimisme retombe comme un soufflé. La dame du guichet m’apprend qu’un train est en panne sur la voie, ok c’est désolant pour les voyageurs de ce train mais moi je fais quoi, y a-t-il un autocar pour remplacer ? Même pas. Mais il y a mieux, nous sommes deux voyageurs pour Chambéry, alors la gentille dame du guichet nous commande un taxi ! Je n’en reviens pas (ben non puisque je vais partir !). Le sourire renaît entre mes joues rebondies, le taxi est confortable, le taximan charmant, l’autre voyageur aussi, la vie est quand même belle ! On a discuté à bâtons rompus pendant tout le trajet, tiens je serais bien allée jusqu’à Albertville et pourquoi pas Milan ! Bon mais la marraine m’attend, d’autant plus impatiemment que je suis arrivée légèrement en retard (trois quarts d’heure quand même !) La journée fut belle, douce, sereine. Mais voilà que sonne le moment du retour, mon train sera-t-il au rendez-vous ? Vous savez bien (ou pas) avec la senecefe faut s’attendre à tout des complications. J’arrive à la gare de Chambéry et consulte l’écran des départs. Mon train n’est pas affiché, il est un peu tôt. Je veux en avoir le cœur net et pars à la recherche du renseignement… guichet d’accueil fermé… sur le quai pas la moindre casquette d’un agent. Je vais, je viens, je vire. Je dois avoir l’air d’une folle avec mon cabas à la « petit chaperon rouge », mais non le loup ne me guette pas ! D’abord, le loup il ne mange même pas les petites filles, alors une vieille coriace comme moi… Je sais qu’il y a un autocar dans quelques minutes pour me ramener dans ma paisible campagne,  je sors de la gare, ledit autocar arrive, je demande au chauffeur s’il vient chez moi (enfin… dans ma commune hein !), c’est ok, je grimpe, tout est bien qui finit bien. Je me revois et ça me fait bien rire. Ah mais quand même, je vous le dis, retraitée n’est pas un métier facile !

ALAIN-ARLETTE 007 (2)

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30 décembre 2016

2016 s'achève, vive 2017 !

Un Noël de plus, un Noël de moins. Ne songez surtout pas optimisme ou pessimisme, nulle comparaison avec le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. C’est la simple réalité, nous avons vécu un Noël de plus dans notre vie et avons un Noël de moins à vivre dans notre vie…comment ça, elle nous sort une lapalissade la Praline ? Que nenni, c’est juste pour dire au revoir hier, bonjour demain ! Aurais-je vécu un mauvais Noël, non pas du tout, veillée et lendemain furent festifs, bruyants, fraternels, chaleureux. Je me sens un peu lasse de tout ce remue-ménage mais ravie et tranquille dans ma tête. J’ai reçu les cadeaux les plus précieux qui soient : des compliments, des sourires, des bisous. Le plus onéreux des cadeaux, enrubanné argenté-doré serait fade sans la présence affectueuse de ma tribu, sans mains à caresser, sans joues à bisous, sans mots d’amour pénétrant jusqu’au fond de mon cœur. Nous voici donc dans les derniers jours de 2016. Je n’ai pas pour habitude de dresser le bilan d’une année qui s’achève. J’ai appris à ne plus trop regarder en arrière, à ne pas ressasser le passé sauf pour y piocher les éléments positifs qui me porteront demain. S’il m’arrive de me retourner ce n’est pas forcément en janvier, je peux le faire, par nécessité, à n’importe quel moment de l’année. Je ne me plains pas de ma vie, je ne suis pas envieuse de qui ou quoi que ce soit, oh je ne suis pas toujours sereine, pas toujours en forme mais cela ne donne pas matière à gémir et je veille à ne pas transformer mes manques en besoins. Les manques… bien sûr que j’en ai, je pense surtout à mon mari et à ma maman, ils ont tant marqué ma vie, on s’est tant aimés, comment ne me manqueraient-ils pas ? Passé l’infernal temps du deuil, quand lentement je suis remontée du trou profond dans lequel j’étais tombée, j’ai retrouvé la saveur de revivre. Maintenant ils sont là, au chaud dans mon cœur et m’aident, maman avait un optimisme sans faille et mon mari aimait me voir sourire et rire. Je suis heureuse. Car je le veux et m’y applique. Comme pour tout un chacun, le temps passe… ou plutôt c’est nous qui passons ! Hier ne se revivra pas. L’instant présent non plus. Quand on réalise pleinement cela, on a la clé du bonheur ! Je trouve chaque jour un petit truc qui me rend heureuse, qui me fait me sentir en vie, qui me fait aimer la vie, qui me fait dire que s’il était à refaire je referais ce chemin. Je n’ai pas grande exigence de la vie, ah si, une seule : qu’elle continue à me gâter comme en ce moment. C’est déjà beaucoup. A vous toutes et tous, amis blogueurs, à vos êtres chers aussi, je souhaite une très belle année 2017, qu’elle vous garde en santé morale et physique.

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Le soleil est toujours là, derrière les nuages.

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