Pralinensavoie... et parfois ailleurs

02 mai 2016

Le couple

Une histoire pour Lakevio, d'après un tableau de Kay Crain

Kay Clain

La jolie voiture de sport neuve, tout juste sortie d’usine, roule tranquillement à travers la campagne riante et ensoleillée. La passagère  arbore un sourire béat en babillant comme une petite fille à qui l’on vient d’offrir une jolie poupée. Son mari l’écoute distraitement, rictus contrarié au coin des lèvres, il n’en peut plus de cette voix de crécelle qui l’empêche de se concentrer… déjà qu’il n’a pas la tête à la conduite… pourtant, cette voiture il l’aime et compte bien la bichonner, c’est l’ultime cadeau de sa vieille maman. L’inépuisable flot de paroles de son épouse se transforme soudain en minauderies.

-      Chéri, cette voiture je suis sûre qu’elle peut monter à près de deux cents à l’heure, fais-moi plaisir, allons jusqu’à Marseille, nous y serons en un rien de temps, j’ai tellement envie d’une bouillabaisse !

-      Arrête, arrête s’il te plaît ! n’oublie pas que nous nous rendons à l’enterrement de ma mère !

-      Cette vieille peau, elle m’aura bien emmerdée jusqu’à son dernier souffle !

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25 avril 2016

Romantisme... qu'es aquô ?

Texte pour Lakevio, à partir d'une aquarelle de Naomi Tydeman

lakevio

Te souviens-tu de cette jolie plage, témoin et complice de nos premiers émois ? Alors que le soleil déclinait à l’horizon nous nous retrouvions sur le sable doux et encore chaud…

Envies sucrées

De tes baisers

Douceurs d’été

A déguster

A savourer

Soleil levant

Soleil couchant

Petits matins

Soirs et câlins

Chemisier blanc

Ouvert devant

Sur peau dorée

Bonjour l’été

La liberté…

 

La liberté…

Je l’ai toujours mais tout autre…

Tu n’es plus là

Nos rires se sont tus

La plage est déserte

Caresses suspendues

La plage est sale

Nettoyage en cours

La plage est interdite

Danger

Qu’est le romantisme devenu dans cette p.... de pollution ?

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18 avril 2016

En famille

Joli tableau proposé par Lakevio, rassemblement de famille de Pauline Palmer

lakevio

Chère Lakevio, heureusement que tu es là pour m’aider à écrire un peu ! Cette semaine, ton sujet me plaît bien, tu penses, quand on parle rassemblement de famille, ça me parle fortement, me murmure de douces mélodies et me procure un bonheur intense même si ce n’est sans me donner la petite fatigue du lendemain.

Et justement, hier, ils sont venus, ils étaient tous là. Mes deux enfants, ma bru, mon gendre, mes cinq petits-enfants, la maman de mon gendre avec son époux, le papa de mon gendre avec son épouse. Ces deux couples-là s’entendent à merveille, une vraie richesse pour les réunions de famille... tu sais bien, parfois les ex ne veulent plus se rencontrer ou bien il faut les placer aux antipodes les uns des autres, même que la table ne serait pas assez longue pour arriver à les éloigner, bref un casse-tête que je ne connais pas et n’ai pas à gérer.

Hier donc, nous fêtions les six ans de ma charmante Marina, troisième enfant de ma fille. Mamie Chantal nous a reçus à déjeuner, j’ai organisé le goûter… enfin pas vraiment organisé, j’ai juste acheté des assiettes, verres, serviettes, coupelles jetables que j’ai disposés sur table dès le matin. Ah si, j’ai quand même préparé une salade de fruits. Benjamin, le grand frère, avait confectionné un immense brownie dont nous nous sommes régalés.

Tu peux aisément l’imaginer, nos rassemblements de famille ne ressemblent en rien à ce tableau pourtant charmant de Pauline Palmer. Chez nous, les fillettes, à part l’été peut-être, n’ont pas de jolies robes maculées qu’il ne faut surtout pas salir, elles portent plutôt jean ou legging et n’hésitent pas à faire les fofolles et se rouler par terre en riant. Les garçons chahutent, on est parfois obligés de leur demander de baisser le ton… cela concerne surtout mon fils et son neveu qui pâtisse bien, ces deux-là se croient toujours sur un ring de boxe, mais pour rire. Côté adultes, ni chapeaux ni robes longues ni cravates, que du décontracte. Et c’est un joyeux brouhaha, ça parle fort, je crois que si j’habitais un immeuble on se ferait crier ! Avec mes beaux-parents italiens, c’était déjà ça, il y en avait pour tout le quartier. Non, avec eux, c’était encore pire, il y en avait pour la ville entière, mais j’adorais. Ne va pas croire que l’on ne fait que rire et chanter, on échange aussi nos douleurs, nos peurs, nos questionnements. Mais on ne pleure pas, ou vraiment à peine. Voilà ma chère Lakevio, j’aime les rassemblements de famille même si le lendemain, comme aujourd’hui, je suis un peu sans énergie, mais ça il n’y a que toi et moi qui le savons.

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11 avril 2016

Voilà le temps du lilas

Que nous inspire ce bouquet de lilas, demande Lakevio ?

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Deux petites histoires vraies, oui Mâme Lakevio, la vérité vraie !

 

Quand il était petit –disons à partir de 6 ou 7 ans- mon frère ne manquait jamais de fêter notre maman. Tout au long de l’année il mettait quelques petits sous de côté, aidé par notre complice grand-mère. Et c’est ainsi qu’à la veille de chaque fête des mères, il enfourchait son petit vélo et fonçait à l’épicerie du village où il achetait un flacon d’eau de lilas. Et chaque année, il s’appliquait maladroitement à confectionner un joli paquet cadeau. Et chaque année, tout fier, il offrait à Maman son joli présent. Tout était parfait, très mignon… sauf que… Maman n’aimait pas l’eau de lilas ! Elle aimait la fleur mais pas l’eau de toilette au lilas ! Attendrie, Maman ne disait rien. Petit frère ne sut jamais. Un jour, dans sa précipitation, il échappa le flacon qui se brisa, parfumant le carrelage de la cuisine à l’eau de toilette lilas. L’année suivante, il changea de cadeau… peut-être avait-il surpris quelque conversation ?

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La propriétaire de la colline où j’ai poussé d’aventure, grandi et fleuri, m’aime beaucoup. Quand elle m’a vu m’élever péniblement parmi les ronces, elle n’a eu de cesse de me protéger. Désherber autour de moi, tailler mes branches abîmées, couper mes fleurs fanées. Sans aucun doute, pour elle j’évoque le printemps, l’été à venir, et mon parfum, ah comme elle aime mon parfum ! Et je crois bien que je lui rappelle de doux souvenirs d’une époque révolue, d’un bonheur intensément vécu. Dans sa campagne du centre de la France, entourée de son mari et de ses jeunes enfants, elle avait plusieurs lilas : du blanc, du mauve pâle, du mauve foncé, du simple, du double. Par la porte ouverte de sa cuisine, ils étaient là devant ses yeux, se balançant dans la douce brise de mai, lui offrant leur délicat parfum. Maintenant elle nous a, dans sa colline, je suis mauve, mon frère est blanc. Alors chaque année, lorsque je suis fleuri, elle fait un beau bouquet panaché mauve et blanc qui trône fièrement sur la table du séjour. Elle change l’eau du vase presque journellement, elle prend même le soin, quand vient le soir, de me placer sur le rebord extérieur de la fenêtre afin que je trouve un peu de fraîcheur nocturne.

Ah mon cher et beau lilas, comme tu es gentil avec moi, tu as raison, tout est vrai dans ce que tu racontes, ce doit être le vent qui t’a apporté toutes ces confidences. Nous l’aimions cette petite maison dans la prairie du centre de la France, le bon temps passé là m’avait presque réconciliée avec ce coin de ma jeunesse sans joie. Et puis le sais-tu ? Le bonheur a volé en millions d’éclats coupants, acérés, destructeurs, qui m’ont jetée face contre terre. Tes potes blancs, mauve pâle, mauve foncé, simples, doubles, doivent s’en souvenir, ils s’apprêtaient à fleurir. Les oiseaux chantaient à tue-tête. C’était le vingt-deux avril, cela fera seize ans dans quelques jours… Ne sois pas triste, je l’ai suffisamment été, ne va pas me faire pleurer encore ! C’est la vie, toutes griffes dehors et en ce moment je suis dans la période pattes de velours. 

 

 

Barbara - Le Temps du Lilas

 Je fredonne celle que j’aime entre toutes, Barbara « Il a foutu le camp le temps du lilas, le temps de la rose offerte, le temps des serments d’amour, le temps des toujours toujours »…

 

 

 

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04 avril 2016

Une moche maison

Mon texte pour Lakevio sur un tableau de Edward Hopper

Ce genre de maison (château ?) me déprime. Alors forcément il ne s’y vivra pas une histoire à l’eau de rose, de princesse endormie, de beau prince déboulant sur son puissant destrier… Non, à vrai dire, cette bâtisse ne m’inspire pas, d’autant plus que depuis hier j’ai mal à la gorge, à la tête, aux oreilles, qu’à cause des travaux je campe dans ma maison… mais que, malgré cela, tout va bien, la vie est belle, mais oui !

Que peut-il bien se passer dans cette maison ? Ah oui, la nuit dernière, dans mes délires fiévreux, elle m’a fait cauchemarder…

lakevio

L’homme est fatigué, épuisé même. La femme est semi-inconsciente au fond de la calèche. Le cheval a dû se blesser sur une pierre, il avance lentement, en boitant.  Cela fait des jours et des nuits qu’ils parcourent la lande galloise battue par un vent violent qui entrave la progression du convoi. Ils sont perdus, les vivres sont épuisés. Quelle idée d’avoir fait ce pari fou avec les potes, à l’issue d’une soirée trop arrosée…

Nuit sans lune. Au loin, de la lumière. Sauvés ! Pas un bruit. Aucun signe de vie à part cette lampe allumée derrière une fenêtre au premier étage. Pas un bruit. Des portes en veux-tu en voilà. Celle-ci grince sinistrement dans l’obscurité. Pas un bruit. L’homme monte lentement l’escalier. Qui grince également. Sinistrement. Et là, par la porte entrebâillée, un groupe de personnes à genoux, mains jointes, en prière. Balbutiements. Odeur d’encens. Odeurs bizarres. L’homme fait demi-tour. Partir. Vite. Même le cheval semble avoir repris des forces. Le retour à l’hospitalité n’est sûrement plus très loin.

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31 mars 2016

En travaux... et en balade

P1100417Voici une partie de ma cuisine avant démolition. Le recto.

P1100413Et le verso.

P1100424L'ouverture est faite.

P1100458Et puis on se rend compte que ce mur est un peu abîmé, gondolé, allez hop on y va à grands coups de burin, il sera assaini, réparé. Ah et puis un autre aussi... Finalement toute la pièce cuisine-séjour sera refaite à neuf. Que de poussière, de gravats. Je ne retrouve plus mes affaires... bah on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs !

 

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Heureusement que je peux encore m'échapper, je n'ai au moins pas perdu mon trousseau de clés !

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28 mars 2016

Un joli petit lapin chez Lakevio

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Je ne ferai pas dans l’air de Pâques, les petits œufs qu’on allait dénicher dans le jardin, dans les buissons, au pied des arbres ou dans les branches basses des arbustes. Je ne l’ai jamais vécu quand j’étais petite, j’ai pourtant pris beaucoup de plaisir à l’organiser avec mes enfants et maintenant petits enfants.

Quand j’étais petite, j’ai des souvenirs de lapins dont je n’aime pas parler… les lapins qu’on enfermait dans des clapiers avant de les enfermer dans des cages pour les emmener à la foire où ils étaient vendus au plus offrant.

Non, rien de tout ça… Le souvenir qui me saute à la mémoire et au cœur quand je vois un lapin est une scène inoubliable car belle, douce, émouvante… intacte en moi et pour toujours…

Main dans la main nous revenions de la maraude aux cerises. Nous étions sur une colline dominant la grande ville. Nous traversions un immense pré d’herbes hautes que le vent chaud de juin faisait onduler. Mes cheveux dansaient, tout fous, comme notre joie d’être là, amoureux seuls au monde. Soudain, à deux mètres de nous environ, surgi probablement d’un terrier et dérangé par nos rires, un lapin détale à toute allure. Un garenne sans doute. Il s’enfuit à une vitesse incroyable, comme s’il avait le diable à ses trousses. Deux diablotins qui le regardèrent, émerveillés.

En écrivant ces mots, quelques larmes ont roulé sur mes joues… vous savez bien, quand ce bonheur-là s’est enfui…

Ça c’est la vérité vraie chère Lakevio… non ? Dac, alors la deuxième vérité vraie.

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21 mars 2016

Petite Marie

Ma rédaction pour Lakevio, sur un tableau de Mark Keller.

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Adossé à son siège, Francis descendait quelques arpèges lorsqu’il vit Marie dans la pâleur de cette journée sans lumière.

Il posa sa guitare et suivit du regard la jeune demoiselle que même pluie cinglante et vent violent ne parvenaient à rendre disgracieuse.

Une idée aussi folle que subite s’empara de lui.  Il reprit sa guitare et calma les battements fous de son cœur, ouvrit la fenêtre et l’invita en musique et chanson.

« Est-ce qu’on peut exister longtemps suspendu dans le vide, dans ce vertige continu, cet arrêt sur image ? Entrez et venez vous abriter de l’orage »…

Timidement, elle entra. Il chanta…

« Nos couverts sur la même table, nos corps dans le même bain, nos châteaux dans le même sable, qu’est-ce que t’en dis ? Nos impers derrière la même porte, de qui aurions-nous besoin ? Chacun dans la chaleur de l’autre… qu’est-ce que t’en dis ? »

Petite Marie alla suspendre son imperméable trempé derrière la lourde porte en bois.

 

 

 

Francis Cabrel ~Qu'est ce t'en dis ? - vidéo Dailymotion

 

 

Posté par Prali à 06:29 - Commentaires [48] - Permalien [#]

19 mars 2016

Bon week-end les amis !

La semaine s’achève sans que j’aie eu (pris ?) le temps de remplir une page de ce blog, mais que voulez-vous la vie me happe et m’enveloppe, je traîne de ci de là et me promène par ci par là. Ce matin en ouvrant mes volets, le soleil brille déjà, me souhaite une belle journée et une délicieuse odeur de pain grillé et de chocolat chaud me chatouille les narines. Tous les ingrédients sont réunis pour me donner le sourire d’une oreille à l’autre. Je vous souhaite une douce journée et un bon dimanche tant que j’y suis !

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J’aime les reflets, ceux-là je les trouve beaux, clairs, nets, limpides… comme ma vie -:)

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13 mars 2016

Danse classique

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Rédaction proposée par Lakevio, sur un tableau de E. Degas

Deux sœurs au musée. Marion en contemplation, béate devant les danseuses à la barre d’entraînement. Margot détourne la tête, indifférente à la grâce et la beauté. Indifférente ? Non, plutôt songeuse, triste, déçue. Un sentiment d’échec qui ne la quitte jamais. Marion a beau lui dire que l’on ne construit pas sa vie sur des échecs et des regrets, elle ne parvient pas à prendre de bonnes résolutions, à se projeter en avant, ni à trouver en elle le bonheur d’être en vie et d’avoir des envies. Elle se remémore leur petite enfance et les beaux projets échafaudés par leurs parents réalisant que leurs filles étaient souples comme des lianes et s’amusaient énormément et tout naturellement à animer les réceptions familiales en dansant. Sur la pointe des pieds, avec une allure tellement gracile et des gestes si gracieux qu’il était évident que ces petites seraient danseuses classiques.

A l’âge de six ans, elles intègrent l’école de danse classique de Lyon, progressent rapidement et font la fierté de leurs parents. De bonnes élèves pour lesquelles les termes de travail à la barre, au milieu, la révérence, les pliés et les dégagés n’ont plus de secret.

Hélas, la vie n'est pas une courbe lisse mais parfois un chemin semé d’épines, d’embûches, de trous et de bosses. Un accident dramatique prive Margot de l’usage de ses jambes. De longs mois durant. Elle doit se plier à une rééducation intense et douloureuse. Ses muscles ont fondu et elle a beaucoup grandi par rapport à Marion qui n'a pas le cœur à retourner seule aux cours de danse. Ce sera elles deux ou aucune d’elles.

Margot va mieux, elle remarche mais c’en est fini de la danse classique. Va-t-elle relativiser un jour ? Se dire que d’avoir récupéré son autonomie est une chance inouïe ? Se dire que la vie ne va pas en arrière ni ne s’attarde avec hier ? La sage et patiente Marion va s'y employer de toutes ses forces.

Posté par Prali à 21:25 - Commentaires [33] - Permalien [#]