Pralinensavoie... et parfois ailleurs

20 avril 2017

Il est où l'bonheur ?

Pâques s’en est allé comme il est venu. Les Pâques se suivent et ne se ressemblent pas. Celui-ci fut un peu différent. Même sans folle envie, nous nous sommes réunis. Pour les petits-enfants que nous avons en commun. Pour l’anniversaire de Marina. Cela s’est bien passé. Aucune réflexion désagréable de part et d’autre. Aucune allusion au divorce en cours. Un semblant de bonheur. Pour les enfants. Et pourtant j’en avais gros sur la patate après avoir lu les méchancetés écrites publiquement sur un réseau social confondu avec le tribunal. Comme une mise à mort de ma fille. La vilaine. La responsable. Celle par qui le malheur arrive. Et pourtant chacun sait que lors d’une séparation, il n’y a pas un bon et un méchant, l’un tout noir et l’autre tout blanc. Il y a deux personnes qui n’arrivent plus à s’entendre, à communiquer. Comme deux chandelles dont la flamme vacille sous un vent violent. Puis finit par s’éteindre. Chacun a des griefs envers l’autre. Des non-dits qui traînent depuis trop longtemps. Alors pitié, ne nous en mêlons pas ! Ce sont leurs problèmes. Qu’une maman prête une oreille attentive aux chagrins de son enfant, quoi de plus normal, mais envenimer la situation en brisant la mince couche de sérénité restante, quoi de plus terrible… Je veux croire que l’intelligence et l’humanité reprendront le dessus, que l’apaisement viendra, que nous ne perdrons pas cette notion si belle d’amitié et de famille. Heureusement j’ai un entourage chaleureux, vous aussi qui me lisez, je tiens à votre amitié et apprécie vos gentilles attentions. Et aussi bien sûr, la Nature qui ne cesse de m’émerveiller par cette explosion de couleurs et de senteurs. Sillonner ma région où le jaune vif des champs de colza tranche avec l’herbe grasse des pâturages, le vert tendre du blé de printemps qui ondule déjà au vent et le marron des labours, me rend heureuse, euphorique, vivante.

P1130782Gâteau de Savoie aux pépites de nougatine, fleurs en sucre, petits oeufs de Pâques, bougie Minnie.

 

P1130832Ma campagne riante, verdoyante, colorée, parfumée.

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11 avril 2017

Saleté de chenilles

Il est dit que la météo est toujours mauvaise pendant la semaine sainte, même pas vrai cette année… Enfin, on n’est que mardi ! Hier, nous décidons, Danielle, Monique et moi de faire une randonnée au départ de Notre Dame de la montagne, sur les hauteurs de Yenne. J’aime ce lieu, cette portion du chemin de Saint Jacques que j’ai parcourue de nombreuses fois.  Le paysage est sublime, comme toujours en Savoie, la Dent du Chat se découpe sur le bleu du ciel.

P1130769Nous garons la voiture et voyons sur l’autre versant du Rhône un déploiement de gendarmes et pompiers. Nous comprenons que çà crame, la montagne est noire et fumante. La sécheresse, les buis complètement morts, il n’en faut pas plus pour alimenter un feu dont nous ignorons la provenance. Les canadairs ont déjà maîtrisé l’incendie, nous dit un monsieur. Mais le feu semble reprendre de plus belle. Sur le chemin du retour nous voyons dans le ciel deux canadairs chargés d’eau du lac d’Aiguebelette.

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Nous commençons à gravir le joli sentier étroit. Notre bonheur est de courte durée, nous sommes bientôt envahies de minuscules chenilles. La pyrale ! Les buis, très présents dans ce secteur, ne sont pourtant que bois morts tout rabougris, néanmoins les chenilles sont là, pendouillant à des fils, sur tous les autres arbustes. Le sentier est étroit, permettant à ces fils de se rejoindre d’un bout à l’autre du sentier. Elles sont des centaines, elles se collent dans nos cheveux, sur nos bras, sur nos tee-shirts et pantalons.

P1130767Je trouve que Notre Dame ne nous protège pas tellement... ah mais il est écrit sur un panneau qu'elle protège les fidèles... et nous... ben voilà, c'est pour ça...

P1130770Nous battons en retraite et nous contentons de visiter une église, d’admirer la Chartreuse au loin, d’aller boire un coup au bistrot d’un village endormi.

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09 avril 2017

Balade du jour

P1130749Sous un soleil éclatant et une température digne d’un mois de mai, j’ai retrouvé mon cher Saint-Maurice de Rotherens. Un endroit où il y a avait beaucoup de buis mais la pyrale est passée par là. Tout est dévasté.

 P1130750Le Rhône d’un beau bleu se pavane entre Savoie et Ain.

 P1130751Vu du sommet de la montagne, ses méandres lui donnent cette impression de calme et sérénité.

 P1130756J’ai rencontré un joli troupeau de chèvres.

P1130754 Et un chat aux yeux perçants.

Une belle journée qui ferait presque oublier les soucis.

 

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02 avril 2017

Le tourbillon de la vie

Les lundis de Lakevio - Mrs Fields (art original de Fealing Lin Watercolors)

 lakevio

Quel phénomène cette Philomène ! Je l’ai rencontrée en 1969 au lycée que je venais d’intégrer. Je débarquais de ma campagne, elle avait la gouaille et le look d’une diseuse de bonne aventure à la foire du Trône. J’étais un peu réservée et maladroite dans ce grand lycée d’un millier d’élèves. De deux ans mon aînée, elle avait traversé mai 68 avec pour seuls bagages banderoles et haut-parleur. Tout semblait  nous séparer, nous sommes cependant devenues les meilleures amies du monde. Elle m’impressionnait tout en m’attirant, j’aimais son allure désinvolte, ses tenues de fille libérée, ses bijoux clinquant et brillant comme des pièges à merles dans le cerisier de mes parents. Cette comparaison nous faisait éclater de rire. Un jour elle m’a donné deux petits bracelets que j’ai gardés précieusement. On a beaucoup parlé, de la vie, de l'amour, de la mort, de nos projets, de cette vie devant nous et tous les possibles offerts. Les études terminées, chacune a suivi sa route. Longtemps je me suis demandé ce qu’elle était devenue. A-t-elle réalisé ses rêves, ses projets ont-ils abouti ?  En y réfléchissant aujourd’hui, j’aime imaginer qu’elle est heureuse et n’a pas tellement changé. Le visage marqué par les ans, comme pour moi pardi ! Des lunettes, des cheveux blancs, quelques rides au coin des lèvres, mais toujours ses bijoux, au cou, aux poignets, ceux qui font dire à nos petits enfants « mamie comme il est joli ton collier, tu me le prêtes ? »

Le tourbillon de la vie vanessa paradis & jeanne moreau

 

 

 

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27 mars 2017

Un mystérieux jeune homme

Les lundis de Lakevio - Peinture de Aaron Westerberg

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Cigarette aux lèvres et les yeux clos, rêve-t-il ? A quoi ? A qui ? A-t-il mal à l’estomac pour glisser ainsi sa main dans le boutonnage de son manteau ? Attend-il sa bien-aimée ? Un ami ? Un ennemi ? Un dealer ? La police ? Dans son extrême immobilité, ce jeune homme m'intrigue. Je n’ose l’aborder, je crains de déranger, d’être intrusive. Un je ne sais quoi me dit pourtant qu’il est en danger ou en souffrance. Je sens en lui une grande solitude et me dis que dans la mienne je suis reconnaissante lorsqu’une main se tend, lorsqu’une voix douce me parle et me console, lorsqu’une oreille se fait attentive. Je m’approche, pose ma main sur son bras. Il ouvre les yeux, me sourit, murmure un merci. Puis lentement tourne les talons avant de s'engouffrer dans le hall d’entrée de l’hôpital.

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13 mars 2017

Archivage et musardage

Ma chère Lakevio, je ne t’oublie pas mais cette semaine je n’ai pas écrit. Temps, inspiration, motivation, voici mon tiercé perdant du moment. Ce matin j’ai pourtant lu çà et là de jolies histoires. Mais n’allez pas croire que je passe mes journées à dormir ou à déprimer. Je vais bien, bien mieux. Ma petite Marie qui vient de sortir de son plâtre me prend un peu de temps et je me suis lancée dans un gros travail. Meubles et tiroirs de mon bureau sont dégoulinants de paperasses, anciennes et plus récentes, mais bien inutiles désormais. Alors je ne dirai pas du matin jusque zau soir et surtout pas du soir au matin, mais chaque fois que j’ai un moment, je broie en mille morceaux. Tout un passé, des années, des décennies. De factures, de relevés bancaires, de tableaux d’amortissement, de déclarations (d'amour et autre) d’avis d’imposition, d’avis d’échéances, d’échéanciers, de prunes (deux seulement !) pour excès de vitesse, de courriers de réclamation et contestation. Mais aussi des courriers privés qui encombrent autant mes classeurs que mon mental. Allez hop, en miettes, c’est le printemps, chaud devant ! Et puis mes amies sont là, aussi disponibles que moi quand il s’agit de vadrouiller. Hier nous avons fait une grande balade autour de notre beau lac, il faisait chaud, on était bien, entre nous, en amitié, en confidences.

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06 mars 2017

Le mur

Pour Lakevio

 

lakevio

Ce mur est triste et sale, salement triste.

Que m’évoque le mot « mur » ?

Dans ma folle jeunesse, j’ai « fait le mur » pour aller danser. Mon père ne voulait pas me laisser sortir, eh bien je sautais par la fenêtre (avec la complicité de ma Maman), oh ce n’était pas très haut mais il me fallait bien remonter encore la mini-jupe pour enjamber cette issue de secours improvisée. Comme toute chose a une fin, par une belle nuit étoilée je me suis fait piquer et mon père m’a filé une raclée pas piquée des vers. Je suis retournée derrière les murs de ma prison. Murée dans le silence de ma révolte. Avec la consolation de savoir qu’un jour le mur s’écroulerait et que je pourrai m’enfuir.

Il m’est arrivé de foncer droit dans un mur (comme le bélier que je suis) mais sans gravité puisque j’ai pu rapidement me relever et repartir de plus belle.

Il y a des jours où je lancerais bien ma vie contre le mur pour la passer de fêlure à brisure… mais non ! je rigooole, je l’aime trop ma life et je pense qu’il y a encore sur cette terre deux-trois personnes qui ont encore besoin de moi. Et qui m’aimeeuuuu !

Kids United - "On écrit sur les murs" - FCF

 

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28 février 2017

Route de neige

Route de neige t- Andrew Wyeth - Proposé par Lakevio

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Paul a promis un amour inaltérable, leur romance durera jusqu’à ce que la mort ose les séparer. Tiens, d’ailleurs ils choisiront de mourir en même temps, main dans la main, cœur contre cœur.

Amélie est une jeune fille de bonne famille comme on dit dans le village. Mais naïve, confiante, tellement bien élevée et incapable de mentir, de cacher ou de détourner le moindre sentiment. Et si pure avec ça !

Paul a bien cerné sa proie. Il l’a tout de suite repérée à la messe du dimanche lorsqu’il est venu voir sa vieille tante Berthe dans ce village paumé de Haute-Savoie. Il va s’amuser follement avec cette petite oie blanche. Et tellement jolie en plus !

Toutes les belles promesses débitées, agrémentées d’un physique parfait de ce sale bougre,  ont eu raison de la bonne éducation d’Amélie. En cachette de ses parents elle le rejoint tous les soirs au bord du petit lac. Un lieu romantique à souhait que la voie lactée et les milliards d’étoiles éclairent doucement.

Mais un soir d’automne, alors que les feuilles jonchent le sol et que le vent agite l’eau de façon inquiétante… le lieu romantique devient lugubre et prend des airs de tempête. Le téléphone de Paul ne cesse de sonner. Excédé il finit par décrocher. Sa femme est si furieuse et parle si fort qu’Amélie peut aisément comprendre. Son beau rêve s’écroule. Demandes de pardon, tentatives d’explication n’apaisent la jeune fille. Elle s’enfuit…

Quelques mois plus tard…

La neige a recouvert le paysage. Amélie tourne le dos à sa vie ratée. Les pleurs et les supplications de ses parents n’y font rien. Elle marche des heures durant. Avec pour seul bagage son sac contenant la précieuse adresse et le courrier de la mère supérieure. L’imposant bâtiment est enfin en vue. Amélie est épuisée. Dans quelques heures, Amélie n’existera plus, ses longs cheveux blonds seront rasés. Elle s’appellera sœur Marie-Madeleine.

 

 

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20 février 2017

Au bal

 Charles W. Hawthorne - Trois femmes de Provincetown, proposé par Lakevio

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La belle Léonie, pour fêter ses dix-huit ans a supplié sa mère de lui permettre d'aller au bal de la classe. Demande quasiment vouée à l’échec en ces années d’après-guerre de laisser une fille sortir toute seule. Qui plus est, Léonie a une maman très sévère, surtout depuis que le papa est mort au champ de bataille. Sévère et tellement stricte ! Les sorties se limitent à une balade pédestre le dimanche après-midi, faisant suite à la messe du matin. Ouille, se dit Léonie, si ça continue je vais finir vieille fille, coûte que coûte je veux aller à ce bal. Toutes ses amies y vont, vêtues pour l’occasion de robe et chaussures neuves. Il faut parlementer, argumenter, supplier. La maman résiste, hésite puis finit par acquiescer mais à une condition, celle d’accompagner la jeune fille. C’est ainsi que notre jolie Léonie se retrouve encadrée par sa mère, sa grand-mère et sa tante. Eh bien, se dit-elle, avec ces trois regards perçants, si je me fais kidnapper… !

La fête bat son plein sous le parquet qui occupe toute la place de l’église. L’orchestre joue sans arrêt, passant de la valse à la polka, du tango à la mazurka. Filles et garçons sont joyeux et rieurs, les yeux brillent et les éclats de rire domineraient presque le son tantôt plaintif tantôt endiablé de l’accordéon.

Léonie, joliment vêtue d’une longue jupe marine et blanche et d’un chemisier blanc à col Claudine, s’amuse follement. Souple et légère, elle danse divinement. Sa jupe virevolte, laissant apparaître son blanc jupon.

Elle n’a pas un regard du côté de sa mère et n’entend pas les dialogues des trois femmes.

-      Hé Marguerite, regarde la Julie comment qu’elle est attifée, on dirait une moins que rien, ah si son pauvre père la voyait…

-      Oh ben oui alors, renchérit Simone, elle a même mis du noir sur ses yeux, Jésus Marie Joseph, mais où don’ qu’on va !

-      Et la Marinette qui fait du plat au trompettiste, sous les yeux de son mari, quelle dévergondée ! faut dire que le pauvre vieux, depuis son retour de la guerre et avec sa jambe de bois, doit pu être trop vif !

-      Ah mais regardez voir là, intervient Thérèse, c’est t’y pas l’Jeannot qu’est en train de chercher la bagarre !

-      Ben pardi, l’a encore trop bu et y’a sûrement une histoire de fille là d’sous !

-      Tiens et voilà la Jeanine qui va s’en mêler, alors celle-là aussi on dirait une fille de la rue, perchée sur ses talons aiguille.

 -      Ça va s’gâter sous peu, où qu’elle est not’ Léonie ?

 -      Va savoir… ah si, elle est là-bas au fond du bal, le Pierrot est en train de lui causer tout près d’sa bouche ! Oh mais c’est qu’il est en train d’la bicher !

 -      Marguerite, va la chercher ta fille, on s’en va illico ! c’est dieu pas possible c’te jeunesse, les filles c’est toutes des traînées, les gars c’est des soulots et des saligauds !

Léonie est bien obligée de suivre ses gardiennes. Mais elle a le sourire aux lèvres, demain après-midi Pierrot viendra chez elle et demandera la main de la jeune fille. Et si c’est non, eh bien il la kidnappera !

Bon ok, mon histoire est un peu cul-cul… la praline quoi ! En tout cas je me suis amusée et en ce moment j’en ai grand besoin. Et puis je vous assure, un peu d’exagération mise à part, ça se passait comme ça dans les bals il y a… quelques années. En ce qui me concerne, pour mon bal des dix-huit ans, j’ai fait le mur… avec l’autorisation maternelle. Je voyais bien les mères faire tapisserie et garder l’œil sur leurs filles !

 

 

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13 février 2017

Une vie de chien

Jeu d'écriture proposé par Lakevio, tableau de Barbara J.C. Musch

 lakevio

Quand je vois ces deux adorables chiots, je ne peux m’empêcher de penser aux animaux qui ont accompagné mon existence. Depuis toute petite. Chiens, chats, et même des cochons d’Inde. Compagnons de jeux, de tendresse permanente et de consolation aux jours sombres. Ces bonnes petites têtes de bébés chiens m’évoquent surtout ma dernière chienne. Une jolie beagle porcelaine, mais attention…  petit modèle, car il en existe deux tailles, M et XL !

Notre petite Bambi venait de mourir et nous nous disions tristement que c’était terminé, nous n’en reprendrions plus. Sauf que… là-bas, dans la France profonde de mon enfance, un abruti maltraitait sa petite chienne. Elle n’avait que trois mois et comme chacun sait, un bébé chien, avant qu’il ne soit éduqué,  fait des pipis un peu partout à toute heure du jour et de la nuit. Alors l’abruti la corrigeait, la frappait avec une tige en  ferraille ; et pour la punir encore plus, la faisait dormir en plein décembre dans une carcasse de veille voiture au fond de la cour. A plusieurs reprises, mon beau-frère passant par-là, s’aperçut de ces sévices et menaça l’abruti, soit d’appeler les gendarmes, soit de récupérer la petite chienne pour l’offrir à sa belle-sœur préférée (c’est bibi !) L’abruti dit « ok emmène-là cette carne » ! Toute la famille y mit du sien pour nous convaincre d’adopter cette petite boule blanche et marron clair, que je n’avais jamais vue. Au téléphone, Maman me disait qu’elle était adorable, attachante et belle, mais belle !  Je souriais, Maman aimait tellement les animaux que le plus moche des plus moches était toujours magnifiquement beau à ses yeux. Nous nous sommes laissé convaincre. C’est ainsi que par une froide journée de février, ma nièce débarqua dans notre humble demeure avec la petite boule blanche et marron clair dans un sac de voyage. Elles étaient venues en train et je n’ai jamais su s’il y avait eu des pipis cacas pour parfumer le wagon. A leur arrivée, je n’étais pas là, je participais à une animation au sein de la structure où je travaillais. Lorsque je suis rentrée vers vingt heures, j’ai ouvert la porte, la petite boule blanche et marron clair s’est précipitée vers moi, s’est quasiment jetée dans mes bras et a niché sa tête au creux de mon épaule. J’en aurais pleuré tellement je l’ai trouvée belle et attachante. Un quart d’heure après, alors que mon mari avait préparé une jolie table pour quelques invités, la petite boule blanche et marron clair a sauté sur une chaise et a raflé deux tranches de jambon sur le plat destiné à la raclette. Nous n’avons pas osé la gronder. Nous l’avons appelée Laïka, mais je peux vous dire qu’elle fut plus heureuse que celle du même nom envoyée dans l’espace par les soviétiques.

 

 

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